Parti du maire de Laval, Gilles Vaillancourt - La moitié des dépenses remboursées étaient partisanes

Gilles Vaillancourt, le maire de Laval, a commandé un sondage (ou plusieurs coups de sonde regroupés en une seule facture) s'élevant à 28 613,81 $ et payé grâce aux taxes des contribuables dont les intentions étaient sondées.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gilles Vaillancourt, le maire de Laval, a commandé un sondage (ou plusieurs coups de sonde regroupés en une seule facture) s'élevant à 28 613,81 $ et payé grâce aux taxes des contribuables dont les intentions étaient sondées.

Près de la moitié des dépenses remboursées en 2009 au parti de Gilles Vaillancourt, à partir de fonds publics, ne concernent en rien l'aide à la recherche et au secrétariat, comme l'illustre parfaitement le remboursement d'un sondage pour connaître l'humeur des électeurs de Laval.

Le Parti PRO des Lavallois a obtenu, en 2009, le remboursement de dépenses totalisant 517 259 $, en vertu d'un budget de soutien aux élus (recherche et secrétariat) prévu dans la Loi sur les cités et villes. Selon le décompte le plus exhaustif possible effectué par Le Devoir, il y aurait au moins 247 000 $ de factures incompatibles avec les notions de recherche et de secrétariat tel qu'il est expliqué dans le règlement municipal de Laval ainsi que dans la loi. Bien que le PRO ait décidé de déménager de local pour se loger dans un lieu plus propice à une campagne électorale, et ce, pour une courte période (bail de 10 mois), Le Devoir n'a pas tenu compte de ce loyer.

La préparation électorale en vue du scrutin du premier novembre 2009 a monopolisé 48 % des fonds disponibles. Deux mois avant le déclenchement officiel des élections, période au cours de laquelle toutes les dépenses doivent être comptabilisées comme dépenses électorales, le PRO a fait appel à la firme de sondage Baromètre. Le président de Baromètre, René Pelletier, est un allié de longue date du maire Gilles Vaillancourt.

Ce dernier a commandé un sondage (ou plusieurs coups de sonde regroupés en une seule facture) s'élevant à 28 613,81 $ et payé grâce aux taxes des contribuables dont les intentions étaient sondées.

Dépenses électorales


Mois après mois, la liste des dépenses de nature électorale s'allonge. On prépare la campagne de financement, on organise les assemblées d'investiture et on commande le matériel promotionnel indispensable à l'équipe de candidats.

Concrètement, le cocktail de financement du PRO (17 juin 2009) a été payé en partie par les coffres de la municipalité. Le parti de M. Vaillancourt a loué une salle du Sheraton pour 1540,07 $, payée par le biais du budget de recherche et secrétariat. Le service de trésorerie de Laval a toutefois refusé de rembourser le banquet de 62 536,51 $ servi aux participants. Il a accepté les coûts d'impression des 2200 billets d'invitation et des 1600 lettres de sollicitation (1488,77 $), ce qui a permis au PRO de recueillir 229 750 $ lors de cette soirée.

Pour mettre de l'ambiance lors de l'événement, le PRO a loué 18 arbres tropicaux de sept pieds de haut ainsi que quatre sculptures atteignant dix pieds. Ce décor tout lavallois a coûté 2257,50 $ et a été remboursé sans problème.

M. Vaillancourt, à titre de président du comité exécutif, autorise le paiement qu'il a réclamé comme chef du PRO.

Pour leur assemblée d'investiture respective, les candidats ont plutôt choisi de décorer avec des bouquets de ballons (un total de plus de 4000 $). Pour s'assurer d'avoir un public lors de ces assemblées, le PRO a transporté, aux frais des contribuables de Laval, des dizaines de personnes âgées provenant entre autres, des manoirs Thérèse-Casgrain, La Roseraie, Des Prairies, de la Résidence Vimont et du Jardin des Saules.

Par ailleurs, le PRO a fourni à ses candidats des banderoles, des affiches, des lettres pour solliciter les électeurs, des cartes pour distribuer lors du porte-à-porte («Bonjour, j'aurais aimé vous rencontrer») et 214 850 accroche-portes (19 391,92 $). C'est sans compter les demandes d'adhésion (2154,30 $) et l'impression de cartes de membres.

Les dépenses effectuées par le PRO ont été si importantes au cours du printemps et de l'été 2009 qu'il n'y avait plus de crédits disponibles à la fin d'octobre. Une note manuscrite de la part de la fonctionnaire responsable le souligne au chef du PRO, Gilles Vaillancourt.

Rappelons qu'une vérification de la part du ministère des Affaires municipales est en cours. Le remboursement des dépenses de recherche et secrétariat est au centre du travail de l'équipe d'enquête.
10 commentaires
  • Henry Fleury - Inscrit 7 juillet 2011 05 h 24

    Lavalé des lavalés

    «Il suffit de passer le pont, laisse-moi t'enlever ton pognon...» aurait pu chanter Brassens s'il avait passer un temps à Laval par les temp qui courent. Il est vaillant court ce maire pour prendre ses Lavalois pour des guichets automatiques au service de son parti politique. Mais n'en ont-ils pas marre les pauvres ? Il faudrait faire un sondage là-dessus...

  • Gaston Bourdages - Abonné 7 juillet 2011 06 h 24

    Votre grande nouvelle du jour, vous, gens du «Le Devoir»

    ...nous informe que les Ministres Arcand et Gignac ont annoncé cette attendue décision de voir les GES plus et mieux contrôlés. Quand verrons-nous le Ministre Lessard en compagnie du Ministre Jean-Marc Fournier nous annoncer la mise en place d'un programme de contrôle sur les GES politiques ? Ces gazs de comportements véreux, conséquences directes d'une intensification de l'élasticité des consciences où il semble ne plus exister de bien ou de mal. Il est vrai, selon un des autres lecteurs du «Le Devoir», qu'« à Laval, on ne niaise pas avec la «puck» «On ne s'enfarge pas dans les tapis du salon». J'ai «fait» prison et pénitenciers et ce type de comportements véreux a aussi contribué à ce que je m'y trouve. L'institution carcérale...un endroit favorisant....sic...la prise de conscience. Je puis vous confirmer que l'élastique y perd effectivement de son élasticité...Ayoye! «¨CA» pince lorsque «ça» casse...sauf que «ça» peut aussi, pour celle ou celui voulant se corriger, comporter son lot de guérisons. Je dois BEAUCOUP à la prison...ayoye ? Vous lisez bien JE dois BEAUCOUP à l'emprisonnement...ce n'est pas ce que je disais lorsque j'y «résidais» Oh ! Que non !
    Salutations cordiales à Monsieur Vaillancourt, à ses bailleurs de fonds, à ses femmes et hommes politiques. Oui, vous avez réussi UNE ville, bravos! Le pouvoir vous a-t-il corrompu ou vous êtes-vous laissés corrompre par UN pouvoir ? Je me réfère à feu Monsieur René Lévesque qui a dit, à tort ou à raison, que «...le pouvoir corrompt».
    J'ai, en partie, fort mal géré un pouvoir.
    Gaston Bourdages
    Simple citoyen - écrivain en devenir
    Saint-Valérien de Rimouski.
    www.unpublic.gastonbourdages.com

  • Francois - Inscrit 7 juillet 2011 07 h 40

    Un remboursement et une amende?

    Le maire de Lava l aura t-il à rembourser les sommes d'argent et inculpé de fraude. Attention à ce qu'il ne rembourse pas à même nos taxes. Il en serait capable. J'espère que les amendes pour fraude ne sont pas seulement réservé au simple payeur de taxe.

  • François Dugal - Inscrit 7 juillet 2011 08 h 22

    Libéral

    Libéral un jour, libéral toujours.

  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit 7 juillet 2011 09 h 53

    Ca commence à perser lourd

    S'il avait un brin d'honneur, il démissionnerait illico. Il n'a pas à attendre l'ordre de Québec. Ou sinon, que les citoyens de Laval se lèvent pour le sortir comme ceux de Mascouche l'ont fait. Ou alors, que ses conseillers, s'ils sont honnêtes, le destituent.