Amphithéâtre - Lobbyisme: Saint-Augustin-de-Desmaures également sous la loupe

Québec — La Ville de Québec n'est pas la seule à intéresser le commissaire au lobbyisme dans le dossier de l'amphithéâtre. Ce dernier effectue également des vérifications à la petite municipalité de Saint-Augustin-de-Desmaures parce qu'elle a été contactée, elle aussi, par des investisseurs potentiels.

«On fait des vérifications dans le dossier de l'amphithéâtre à Saint-Augustin», a confirmé hier au Devoir la porte-parole du bureau du commissaire, Louise-Andrée Moisan.

Cette dernière s'est refusée à tout autre commentaire, mais tout laisse croire que le commissaire François Casgrain fait le même genre de vérifications à Saint-Augustin qu'à Québec et cherche à savoir si des entreprises ont sollicité la ville sans s'être inscrites au Registre.

D'après le porte-parole de la ville, Frédéric Masson, le commissaire les a contactés la semaine dernière, et une rencontre a eu lieu jeudi à ce propos à l'hôtel de ville. «Nous, ce qu'on souhaite, c'est que les gens s'inscrivent», a-t-il dit.

En février dernier, le maire de Saint-Augustin, Marcel Corriveau, avait déclaré avoir été contacté par deux groupes d'investisseurs «sérieux» désireux de construire un amphithéâtre privé sur le territoire de sa municipalité.

Or seul le Groupe Nouveau Colisée associé à l'avocat Guy Bertrand est inscrit au registre pour des démarches concernant un projet d'amphithéâtre à Saint-Augustin. Le groupe en question s'était inscrit au début de l'année 2009, mais on entend peu parler de son projet depuis.

M. Corriveau a toujours refusé de dévoiler l'identité des investisseurs en question, mais a fait savoir, par la suite, qu'il ne s'agissait ni de Quebecor ni de Bell. Les deux groupes dont l'un venait, disait-on, de l'étranger convoitaient un terrain deux fois plus grand que celui de l'actuel Colisée, situé dans une zone industrielle éloignée du centre.

Fait étonnant, les promoteurs en question n'ont pas interrompu leurs démarches en dépit du déblocage du dossier du côté de Québec. «Les discussions se poursuivent à ce sujet-là», a déclaré M. Masson. Quant à savoir ce qui peut motiver des investisseurs à construire un deuxième amphithéâtre multifonctionnel dans la région, il leur laisse le soin de s'expliquer. «Il faudrait leur demander. Est-ce qu'eux se disent: "Tant que la première pelletée de terre n'a pas eu lieu, on a encore des chances"? Je ne peux pas vous le dire.»

Adoptée en 2002 à la suite de scandales entourant les activités de lobby au Québec, la Loi sur le lobbyisme exige de la part des entreprises et groupes d'intérêts qui sollicitent les pouvoirs publics qu'ils s'inscrivent au Registre et y précisent quel est l'objectif de leurs démarches.

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