Irrégularités électorales - Le directeur général de Sainte-Julienne est relevé de ses fonctions

Le directeur général d'une municipalité de Lanaudière où des irrégularités entourant les dernières élections municipales ont été enregistrées est démis de ses fonctions de façon temporaire.

À Sainte-Julienne, aux élections de 2009, des bulletins de vote et des listes électorales ont été détruits quelques jours après les élections, alors qu'ils doivent être conservés un an, et des bénévoles scrutateurs ont indiqué qu'au moins 1000 bulletins de vote non utilisés auraient disparu le jour du scrutin, ce que nie la Ville. Le directeur général des élections (DGE) du Québec mène actuellement une enquête sur la municipalité de 9000 habitants.

En Assemblée extraordinaire samedi, le conseil municipal a relevé Claude Arcoragi de ses fonctions pour une période indéterminée. Il était président des élections lors du scrutin de 2009. Le maire Marcel Jetté, élu en 2009 après une absence de quatre ans de l'arène politique, assure que la suspension de M. Arcoragi n'a rien à voir avec les allégations d'irrégularité. «On procède simplement à la vérification et à l'évaluation de l'efficacité de la direction générale parce que nous ne sommes pas satisfaits.»

Cet examen de la direction générale sera réalisé par le cabinet d'avocats Dunton Rainville. Rappelons que, récemment, l'équipe de l'émission Enquête révélait que la conjointe du maire oeuvrait chez cette firme d'avocats qui remplit de nombreux contrats pour la municipalité. Malgré les critiques, le maire Jetté ne s'est pas retiré du vote lorsqu'il a été question de ce contrat samedi. «Dunton Rainville fait des affaires avec la municipalité depuis 30 ans, bien avant que je sois maire.»

Selon le chef du parti d'opposition Progrès Sainte-Julienne, Claude Roy, la manoeuvre ne vise qu'à trouver «un bouc émissaire». «Et si on le tasse, c'est certain que ça ne va pas aider le DGE à faire son travail. Ça va ralentir les enquêtes à Sainte-Julienne», déplore-t-il. Le ministère des Affaires municipales traite actuellement au moins quatre plaintes concernant des contrats qui soulèvent des doutes. «Ce sont des plaintes farfelues, dit le maire. Les gens profitent du fait que la situation est très grave à Mascouche, à Terrebonne, pour inventer toutes sortes de choses.»