Les maires de Terrebonne et de Mascouche se retirent temporairement

Québec — Tous deux aux prises avec de troublantes allégations, les maires de Terrebonne et de Mascouche ont annoncé hier qu'ils se retiraient temporairement de leurs fonctions, le temps que la lumière soit faite sur les allégations de conflits d'intérêts dont ils sont l'objet.

Le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, a fait savoir par voie de communiqué qu'il déléguerait au maire suppléant certaines de ses fonctions et qu'il s'abstiendrait désormais de présider les séances du conseil municipal et du comité exécutif. Cela ne correspond pas à une admission de sa part, a-t-il insisté: «Par respect pour la population de Terrebonne, j'ai décidé de prendre le recul nécessaire, le temps que le ministère des Affaires municipales procède aux vérifications d'usage, tel que je l'ai demandé personnellement le 2 novembre.» TVA a récemment révélé que M. Robitaille entretenait des liens avec l'homme d'affaires Normand Trudel, propriétaire de Transport et excavation Mascouche (TEM), qui a obtenu pour 22,7 millions de dollars de contrats avec la Ville de Terrebonne depuis 2007.

De son côté, Radio-Canada avait révélé que le maire de Mascouche, Richard Marcotte, était un proche du même entrepreneur et qu'il aurait obtenu des avantages personnels de celui-ci. Entre 2000 et 2009, TEM aurait décroché des contrats totalisant 40 millions de dollars auprès de la ville de Mascouche. M. Marcotte a annoncé hier qu'il se retirait temporairement de ses fonctions «afin de se consacrer à sa défense et à la restauration de sa réputation». Il a également demandé au ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, d'ordonner une enquête sur les «allégations mensongères» dont il a fait l'objet.

Plus tôt en après-midi, à Québec, le ministre Lessard s'était montré évasif sur ces deux cas, faisant allusion à un «premier tribunal», celui du «peuple», devant lequel les maires ont à répondre. Il a refusé d'expliquer pourquoi la Commission municipale n'avait pas enquêté dans ces villes avant que les médias ne s'y intéressent alors qu'elle en avait le pouvoir.

Les parlementaires ont pratiquement terminé l'étude article par article du projet de loi 109 sur l'éthique dans le monde municipal. En fin de journée hier, le ministre a accueilli avec peu d'intérêt une proposition d'amendement du PQ visant à protéger les employés municipaux qui acceptent de dénoncer des situations problématiques dans l'administration municipale.

4 commentaires
  • Sator - Inscrit 9 novembre 2010 07 h 10

    refrain

    John James charest devait faire de même

  • Gilles Rheaume - Inscrit 9 novembre 2010 08 h 47

    Il faut que soit immédiatement publiée la liste des contrats publics

    Toutes affaires cessantes, le Québec doit rendre publique la liste de tous les contrats publics avec les actionnaires des entreprises choisies.

    Le maire de Terrebons n a-t-il pas été décoré par John James Charest il y a quelques années à peine ? Ce maire n a-t-il pas été une député conservateur à Ottawa avec monsieur Charest ?

  • Sator - Inscrit 9 novembre 2010 08 h 55

    il faut un grand menage

    Pour que le mal triomphe il ne suffit que d'une seule chose...
    que les gens de bien ne fassent rien
    Edmund Burke

  • Miclem - Inscrit 9 novembre 2010 11 h 34

    L’UMQ sous contrôle d’un groupuscule de petits princes?

    Il est inquiétant de constater qu’au moins six maires du conseil d’administration de l’Union des municipalités du Québec, dont le président, font face à des allégations sérieuses de conflits d’intérêt, de copinage, de manquement éthique, de malversation et même de corruption. Dénoncés par les médias au cours des derniers mois, ces maires, sauf Gilles Vaillancourt, sont ou seront bientôt sous enquête soient Marc Gascon, maire de Saint-Jérôme, Jean-Marc Robitaille, maire de Terrebonne, Yves Lévesque, maire de Trois-Rivières et Jean Tremblay, maire de Saguenay. En serrant les rangs derrière Marc Gascon, les membres du conseil d’administration de l’UMQ lancent un mauvais message aux citoyens qui en ont ras le bol des écarts de conduite de certains élus municipaux et provinciaux. Après plus d'un an de révélations sur l'industrie de la construction et sur les mœurs politiques, il devient de plus en plus évident que des crapules ont infiltré plusieurs administrations municipales. Un classique de la corruption tel qu'elle existe dans bien des pays. Supporter un tel système mine toutes nos institutions et devient incontrôlable à long terme. Quand on est sous enquête, on démissionne d’un CA aussi important. Outre le maire de Québec, aucun maire ne s’est encore levé pour dénoncer la corruption municipale. Inquiétant ! Pire, Éric Forest, vice-président de l’UMQ favorise l’omerta en tentant d’intimider la ville de Québec en la menaçant de ne plus supporter ses projets! Devra-t-on aussi enquêter sur l'Union des municipalités du Québec? Peut-être…