Rob Ford est élu maire de Toronto

Rob Ford<br />
Photo: Rob Ford

Au terme d’une éprouvante campagne électorale, les Torontois ont choisi hier le controversé Rob Ford pour diriger leur ville. Le candidat de droite, qui a promis de mettre la hache dans le budget de la Ville, a eu raison de son principal rival, George Smitherman, en recueillant 47 % des voix.

Moins d’une demi-heure après la fermeture des bureaux de scrutin, la victoire de Rob Ford à la mairie de Toronto était sans équivoque. En fin de soirée, alors que le décompte des votes était presque complété, M. Ford avait obtenu l’appui d’un peu plus de 380 000 électeurs, contre 287 000 (ou 35,6 % des suffrages) pour George Smitherman. Pour sa part, Joe Pantalone est arrivé troisième avec 11,7 % des votes.

Dans la dernière ligne droite de la campagne, les deux principaux rivaux étaient pourtant à égalité, Rob Ford ayant vu s’effriter au fil des semaines l’avance qu’il détenait sur ses adversaires à la mi-septembre.

Conseiller municipal d’Etobicoke depuis dix ans, Rob Ford s’est fait l’apôtre d’un régime minceur pour l’appareil municipal, en guerre contre le «gaspillage» de fonds publics. Il faisait ainsi écho aux frustrations des Torontois excédés par le fardeau fiscal.

Mais M. Ford s’est également démarqué par ses déclarations controversées et ses opinions de droite. Opposé au mariage gai, il en avait aussi contre l’immigration qu’il jugeait trop importante dans la Ville reine.

En matière de transport, il a proposé de remplacer les tramways, qui nuisent, selon lui, à la circulation automobile, par des autobus, et a plaidé pour le prolongement du réseau de métro vers l’est. Il semble de plus avoir peu d’estime pour les vélos en ville: «Je ne peux pas être en faveur des pistes cyclables. Les routes sont faites pour les autobus, les voitures et les camions», a-t-il déjà déclaré.

De son côté, George Smitherman a siégé comme député libéral pendant 11 ans. Ancien vice-premier ministre et ex-ministre de la Santé au sein du gouvernement de Dalton McGuinty, M. Smitherman est ouvertement gai, marié à son conjoint depuis 2007. Surnommé «Furious George» en raison de son style abrasif, M. Smitherman recueillait plus d’appuis dans les secteurs centraux de Toronto et manifestait beaucoup plus d’intérêt envers la culture que son adversaire.

Contrairement au Québec, il n’existe pas de partis politiques municipaux en Ontario et, pour mettre à exécution son programme électoral, le nouveau maire de Toronto devra tenter de rallier les 44 élus qui forment le conseil municipal.

Des élections avaient lieu hier dans l’ensemble des 444 municipalités ontariennes. À Ottawa, l’ex-ministre ontarien Jim Watson a eu raison du maire sortant, Larry O’Brien.
6 commentaires
  • Frédéric Dupuis - Inscrit 26 octobre 2010 05 h 55

    On s'est fait damer le pion

    Moi qui croyait que Montréal avait atteint le summum de la connerie en politique municipale avec la réélection de Gérald Tremblay. Eh bien non, on s'est fait damer le pion par Toronto.

  • oracle - Inscrit 26 octobre 2010 07 h 40

    Un augure du prochain scrutin fédéral ?

    Ce vote profilerait-il un portrait réduit du vote, à l'occasion du prochain scrutin fédéral dans l'ensemble de la province ?

    Pierre-Michel Sajous

  • Le Voyageur - Inscrite 26 octobre 2010 08 h 06

    La Ville-Reine recule

    Si je suis d'accord qu'on fasse le ménage à l'Hôtel de Ville, les autres positions de Rob Ford sont inacceptables. Il me fait ressembler à un de ces populistes d'extrême-droite en Europe.

    Homophobe, xénophobe, anti-écolo, anti-culture... Beurk!

  • Guy LeVasseur - Abonné 26 octobre 2010 14 h 02

    Vers un gouvernement Harper majoritaire


    Je suis d'accord avec Pierre-Michel Sajous.

    1.
    Les pertes prévues de députation du NPD dans le ROC rural en raison du dossier du registre des armes à feux.

    2.
    La droite québecoise qui s'organise notamment avec les libertaires de la ville de Québec gonflés d'orgueil et motivés suite à la première réunion du Réseau Liberté Québec.

    3.
    Un mouvement de fond vers la droite de la droite exprimé aux municipales de Toronto qui pourrait se poursuivre jusqu'aux prochaines élections fédérale dans le grand Toronto métropolitain et en Ontario.

    Il semble qu'un gouvernement Conservateur majoritaire dirigé par Steven Harper est de plus en plus possible.

    Misère de Misère.
    On régresse.

  • Pierre Rousseau - Abonné 26 octobre 2010 19 h 06

    Un des leurs?

    Les Torontois ont-ils élu l'un des leurs? Un bouffon?

    Ceci dit, on ne peut en rire car ce genre de droite insignifiante et sans envergure risque d'être notre lot aux prochaines élections fédérales... Ça risque d'être une spirale qui va mal finir.