Cure de beauté en vue pour la Côte-de-Beaupré

Québec — Après des décennies de laisser-aller, les municipalités qui longent le fleuve entre Québec et Charlevoix ont finalement décidé de s'embellir. On évoque même un prolongement de la promenade Samuel-De Champlain jusqu'à Baie-Saint-Paul.

Actuellement, la route 138 est surtout dominée par de vieux motels, des chaînes de restauration rapide, des campings et des terrains à l'abandon. Quant au fleuve, qui est pourtant tout près, on peine à le voir depuis la route.

Or les élus locaux se disent prêts à passer à autre chose. Le préfet de la MRC de la Côte-de-Beaupré, Pierre Lefrançois, souhaite en faire un environnement «beaucoup plus vert, plus beau, avec des paysages». Le tout en préservant la vocation des terres agricoles qui ont subsisté sur le territoire.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres puisque les élus scrutent un horizon de 25 ans. Des investissements annoncés hier (287 500 $ du Fonds municipal vert de la Fédération canadienne des municipalités) seront alloués à l'élaboration d'un plan, à une consultation populaire et à l'embauche d'experts.

D'après la FCM, c'est la première fois au Québec qu'un territoire aussi grand que la MRC cherche à se doter d'un plan d'aménagement de ce genre. Avec ses neuf municipalités, la MRC occupe 5000 km2, dont 60 de littoral. Elle compte parmi ses attraits touristiques le site d'observation des oies de Cap-Tourmente et la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré.

Même si les discussions ne font que commencer, les élus se sont déjà donné comme priorités l'accès au fleuve et le déploiement des paysages. Le préfet, qui est également maire de la petite municipalité de L'Ange-Gardien, évoque aussi un prolongement de la populaire promenade Samuel-De Champlain. «On a de la place au bord du fleuve pour l'aménager. Il n'y a pas de problème.»

Mais ce sera dans un deuxième temps et, pour cela, il faudra de nouveau investir, reconnaît-il. «C'est sûr qu'on va frapper à des portes pour faire des demandes de financement.» Mais en attendant, précise-t-il, «on va conscientiser des élus et ça c'est majeur. On vient d'augmenter nos standards, c'est une vision à long terme.»

Pourquoi maintenant? Parce que les regroupements et le vert sont dans l'air du temps, répond le jeune porteur du dossier à la MRC, Pierre-Alexandre Côté. «Il y a plusieurs initiatives de développement durable à la Ville de Québec, à la Communauté métropolitaine de Québec, à la Ville de Baie-Saint-Paul, à la MRC de la Jacques-Cartier... Il y a une conscientisation qui se fait au niveau de la population et des élus voulant qu'il y a d'autres manières de faire les choses.»