Usine d'eau potable controversée - BPR défend son projet en écrivant aux citoyens de Saint-Irénée

La firme de génie-conseil BPR continue de nager dans la controverse à Saint-Irenée, au coeur de Charlevoix.

Dans une lettre envoyée à l'ensemble des résidants du village mercredi dernier, BPR justifie la construction de l'usine d'eau potable qui est en fonction depuis deux mois. Il s'agit d'une réplique au geste d'un citoyen qui, de sa propre initiative, a distribué la semaine dernière deux articles du Devoir concernant l'usine d'eau. Les textes du quotidien ont été remis à tous les villageois, dont Paul Lafleur, président du conseil d'administration de BPR.

Le premier article exposait la controverse autour de ce projet d'usine d'eau, pour lequel BPR a obtenu le contrat sans appel d'offres. Le second rendait compte de la hausse de 92 % de la taxe dédiée au réseau d'aqueduc que subissent les contribuables, attribuable à l'usine d'eau.

La lettre de BPR reprend les grandes lignes du point de vue exprimé en décembre dernier par Yvon Tourigny, p.-d.g. de BPR-Infrastructure. D'entrée de jeu, la firme rappelle que la profession d'ingénieur est régie par un code de déontologie qui protège le public «contre les actes frauduleux et dangereux» et que BPR respecte ces règles.

«Nous trouvons malheureux que la rédaction d'un texte tronqué et malhonnête ait pu ébranler la confiance des résidants pour qui nous avons travaillé», souligne-t-on dans la lettre de BPR.

On aborde par la suite les aspects techniques du dossier. Ainsi, BPR explique avoir d'abord fait des recherches en eau souterraine pour alimenter le village, mais que ce travail est demeuré vain. C'est ce qui a entraîné la construction d'une usine de traitement, «la municipalité, ayant la santé de ses citoyens à coeur, a opté pour une solution durable et sécuritaire».

Outre ce dossier à Saint-Irenée, la firme BPR fait couler beaucoup d'encre depuis quelques mois, notamment sur des questions de lobbyisme. Hier, Le Devoir rapportait que deux dirigeants de la firme, François Gagnon et Stephen Davidson, ont reçu un constat d'infraction à la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme pour avoir «exercé des activités de lobbyisme auprès d'un titulaire d'une charge publique sans être inscrits sur le registre des lobbyistes». Le mois dernier, le député libéral Jean D'Amour avait reconnu avoir enfreint la loi en payant une amende de 500 $. Avant d'être élu, M. D'Amour a fait du «développement des affaires» pour BPR.