La promiscuité entre un conseiller et une firme de génie-conseil inquiète des citoyens de Granby

Les exemples de liens étroits entre des firmes de génie-conseil et le monde municipal se multiplient. À Granby, Les Consultants S.M. ont recruté au printemps dernier un conseiller municipal, une situation qui inquiète des citoyens.

Le Groupe S.M., qui obtient régulièrement des contrats avec la Ville de Granby, a embauché le 8 mars dernier le conseiller municipal Pierre Breton. Ce dernier est maintenant responsable des ressources humaines chez S.M. Il avait occupé le même type d'emploi chez Bombardier dans le passé.

La promiscuité entre la Ville de Granby, le conseiller Pierre Breton et Les Consultants S.M. a soulevé des questions lors des assemblées du conseil municipal. Depuis 2006, S.M. a obtenu une dizaine de mandats de cette municipalité, totalisant plusieurs centaines de milliers de dollars.

En mai dernier, une citoyenne s'inquiétait de «l'influence» de Pierre Breton. Le maire, Richard Goulet, avait alors défendu l'intégrité de son collègue puisque ce dernier «se retire toujours en ce qui concerne les dossiers de Les Consultants S.M., même lors des rencontres préparatoires». Le maire Goulet a expliqué que M. Breton n'est pas ingénieur, mais plutôt directeur des ressources humaines pour l'ensemble du Groupe S.M. et «qu'il ne travaille pas, n'influence pas et ne touche pas à des dossiers concernant les différents mandats qui sont donnés aux ingénieurs de la firme SM».

En juillet, une autre citoyenne de Granby s'est questionnée sur les conflits d'intérêts que cette promiscuité pouvait entraîner. Dans le procès-verbal de la municipalité, on peut lire: «M. Breton lui répond qu'il n'est qu'un salarié» de S.M.

Chose certaine, Les Consultants S.M., une division du Groupe S.M. dirigé par Bernard Poulin, obtient de façon régulière des contrats avec Granby. Ainsi, le 4 mai 2009, la firme a obtenu un contrat de 21 250 $ (plus taxes) pour effectuer une étude de tracés d'une piste multifonctionnelle à être aménagée. Pierre Breton a déclaré son intérêt et s'est retiré de la discussion.

D'ailleurs, la firme de relations publiques National, embauchée par S.M., a précisé hier au Devoir que M. Breton entendait maintenir cette façon de faire lorsque des dossiers concernant S.M. seraient soumis à l'approbation du conseil municipal.

Plusieurs contrats

En 2008, Les Consultants S.M. ont obtenu trois contrats, pour un total de plus de 250 000 $. Les mandats concernaient une étude de circulation pour le pont Robinson, une étude d'achalandage autour des écoles primaires, ainsi que des plans et devis pour la reconstruction d'infrastructures dans le secteur Saint-Urbain. Ce dernier contrat de 134 000 $ avait été appuyé par Pierre Breton.

L'année précédente, Granby a octroyé un contrat d'analyse de la circulation pour le développement du réseau routier municipal (16 000 $) sous la proposition de M. Breton. En 2006, M. Breton a également proposé d'accorder un mandat de plus de 20 000 $ à S.M. pour une étude de circulation quant à l'élargissement du pont Mountain. Aussi, le même conseiller a appuyé l'adjudication d'un contrat de près de

13 000 $ à S.M. pour réaliser une étude sur la sécurité autour de l'école Saint-Jean. De plus, S.M. a réalisé un autre contrat (24 000 $) sur la sécurité autour des écoles primaires Saint-Joseph, Saint-Luc et Saint-Marc.

Pas un cas unique

La situation de M. Breton n'est pas un cas unique. La firme de génie-conseil BPR a recruté le directeur des travaux publics de Granby, Serge Robert, pour un contrat le printemps dernier. Cette embauche a été faite alors que M. Robert travaillait à titre de fonctionnaire dans le dossier d'une usine de tricompostage, dont le contrat de 42 millions était entre les mains de TerrEau, une autre division de BPR. M. Robert a pris sa retraite pour réaliser le mandat, avant de revenir à la Ville de Granby comme employé à temps partiel à raison de trois jours par semaine.

Aussi, le maire de Verchères jusqu'au scrutin du début du mois, Claude Fradet, travaille pour Enviraqua, une filiale de BPR qui a obtenu par ailleurs de lucratifs contrats avec cette municipalité.
1 commentaire
  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 27 novembre 2009 23 h 47

    Les conditions sont réunies

    BPR et autres firmes qui offrent des services spécialisés aux municipalités sont accréditées au MTQ. Le ministre et ses collègues du Cabinet coordonnent l`accès au budget. Souvenez-vous du comportement du Ministre des finances Bachand qui distribue des fonds à tous et chacun et accroît la dette de façon irréfléchie. La F1, l`Oratoire Saint-Joseph et plusieurs organismes et firmes en quête de faveurs. Ces Libéraux du genre Tremblay se propagent dans la plupart des villes importantes du Québec pour les mêmes raisons. Levées de fonds sont fréquentent et rien de plus facile que de contacter ceux qui profitent des contrats du MTQ. BRP engageait lePrésident du Parti Libéral jusqu`au moment de l`élection partielle de Kamouraska.Lapromotion de BPR à travers le Québec de la même façon que Tremblay à Montréal, et des villes de Longueuil, Laval et St-Jean sur Richelieu sans oublier Granby se propageais sans contraite. Sherbrooke et son grand chef marteau nous aurait-il fait le même truc guignole que je n`en serais pas surpris? Il faut stopper ces politiciens au code d`éthique élastique accommodant à tous ces profiteurs de la bourse du peuple québécois. Lapieuve a des tentacules dans les 17 régions administratives et se sert des mêmes joueurs et agences sous la bonne gouverne du Parti Libéral.