Québec - Labeaume obtient la majorité qu'il réclamait

Régis Labeaume
Photo: Clément Allard - Le Devoir Régis Labeaume

Québec — Régis Labeaume a connu un nouveau triomphe dans la capitale. Le maire sortant a obtenu hier son premier mandat complet à la tête de la Ville de Québec avec, en prime, une confortable majorité d'élus au conseil municipal.

«D'ici 15 ans, la ville de Québec sera une ville plus verte, la ville la plus attrayante au pays [...] C'est la ville que nous voulons dans quinze ans, et ça commence aujourd'hui», a déclaré M. Labeaume lors d'un rassemblement en soirée. «Les résultats démontrent hors de tout doute que la population a non seulement compris le message, mais qu'elle y adhère complètement.»

Le maire sortant l'a emporté hier par près de 80 % des voix. Son avance était telle qu'à peine 20 minutes après la fermeture des bureaux de vote hier, les chaînes de télévision le déclaraient déjà gagnant.

Ses six opposants — Yonnel Bonaventure du Défi vert de Québec, Jeff Fillion (indépendant), Langis Harvey (ind.), Lionel Laporte (ind.), Philippe O'Brien (ind.) et Jean-Paul Marchand (ind.) ont dû se contenter de miettes. Seul chef de parti à défier M. Labeaume à la mairie, M. Bonaventure du Défi vert a obtenu 8 % tout comme l'animateur de radio Jeff Fillion, qui disait se présenter non pas dans le but de défaire Régis Labeaume, mais pour alimenter le débat.

Son triomphe n'a étonné personne dans la capitale où le dernier sondage lui donnait 88 % des votes. Les observateurs ne s'attendaient pas toutefois à un tel balayage pour ce qui est des districts.

En effet, Équipe Labeaume a récolté 25 des 27 districts avec, dans bien des cas, une majorité absolue. Le conseil municipal de 2009 est beaucoup plus restreint qu'il y a quatre ans. M. Labeaume, rappelons-le, a fait amender la loi pour faire passer leur nombre de 37 à 27 et les arrondissements de 8 à 6.

Conscient des inquiétudes qu'un trop grand pouvoir peut susciter, le maire a cherché à se faire rassurant hier. «La majorité nous confère la marge de manoeuvre et la possibilité de concrétiser nos projets», a-t-il déclaré. «J'entends gouverner de façon responsable et ne pas en abuser.»

Malgré ces succès, Équipe Labeaume a échoué à faire élire deux de ses candidates-vedettes. Ainsi, dans Vieux-Québec-Montcalm, l'ancienne chef de cabinet d'André Boisclair Line-Sylvie Perron a été battue par la candidate indépendante Anne Guérette qui a été très active dans les dossiers liés au patrimoine depuis deux ans.

Même chose pour l'animatrice de télévision Claude Thibault, dans Saint-Sacrement-Belvédère, qui a été défaite par l'indépendant Yvon Bussières un vétéran de la scène municipale à Québec.

Le maire a d'ailleurs commencé son discours en rendant hommages aux deux candidates défaites. «Line-Sylvie et Claude, j'espère que vous resterez en contact avec votre équipe. Il serait dommage de nous priver de votre talent et de votre passion.»

Les autres candidats-vedettes ont eu plus de chance. Ainsi, l'ancien député adéquiste Sylvain Légaré a réussi à ravir le siège de Val-Bélair contre le vétéran du RMQ, Jean-Marie Matte. Même chose pour l'artiste Chantal Gilbert qui a facilement délogé le candidat sortant, Pierre Maheux (RMQ) dans le district des Faubourgs. Enfin, malgré une lutte assez serrée contre la candidate sortante, Carole Bégin-Giroux, l'ancienne journaliste Julie Lemieux l'a également emporté dans le district de Montmorency.

Les résultats d'hier marquent par ailleurs la disparition du Renouveau municipal de Québec (RMQ). Ébranlé par le départ de son chef au printemps dernier, le RMQ avait choisi de ne pas présenter de candidat face à M. Labeaume. La tête dirigeante de la formation, Anne Beaulieu, s'est contentée de solliciter un nouveau mandat dans le district de Sylvain-Lelièvre, dans le quartier Limoilou. Sans succès: là comme ailleurs, l'Équipe Labeaume l'a facilement emporté. Malgré des sondages décourageants pour sa formation, Mme Beaulieu ne semblait pas remettre en question l'avenir de son parti lorsque les médias l'ont interrogée à ce propos vendredi.

Quant au Défi vert de Québec qui, en dépit de faibles moyens, avait réussi à présenter plus de candidats que le RMQ, il a dû se contenter de résultats modestes dans les districts. Une situation qui n'est sûrement pas étrangère au fait que le maire sortant ait sciemment nié son existence pendant la campagne, en refusant notamment de se mesurer au candidat à la mairie Yonnel Bonaventure dans un débat.

Dans le camp des indépendants, le mari d'Andrée Boucher, Marc Boucher, a été défait dans le district du Plateau, hier soir. Pas moins de six candidats se disputaient ce territoire situé dans l'ancienne ville de Sainte-Foy.

Comme on s'en doutait, les candidats Richard Côté et François Picard (Équipe Labeaume) ont été facilement élus et pourront conserver leurs sièges au sein du comité exécutif. Les deux hommes sont des piliers de l'administration Labeaume. M. Côté, en particulier, pilote l'épineux dossier du renouvellement des conventions collectives des employés de la Ville. Lors d'un point de presse vendredi, le maire Labeaume a dit souhaiter avoir la parité hommes-femmes au comité exécutif.

Autre dossier prioritaire sur le bureau du maire dès cette semaine: le nouvel amphithéâtre. Le maire sortant avait demandé aux citoyens de profiter de l'élection pour plébisciter son projet lancé en pleine campagne électorale.

L'administration Labeaume devrait en outre dévoiler sous peu les résultats d'une étude sur les retombées économiques positives de la présentation l'été dernier à Québec du Moulin à images d'Ex Machina et du spectacle inédit du Cirque du Soleil.

À défaut d'une véritable lutte, la campagne électorale à Québec a été marquée par les écarts de conduite du maire sortant. Plus d'une fois, le DGE a été saisi de plaintes, Régis Labeaume ayant visiblement de la difficulté à discerner les actions de la Ville de celles de ses activités partisanes.

En 2007, Régis Labeaume l'avait emporté avec 59 % des voix devant Ann Bourget (RMQ), une avance de beaucoup supérieure à celle obtenue en 2005 par Andrée Boucher (46 %). Malgré la victoire annoncée du maire sortant, le taux de participation à Québec a atteint 49 % contre 46 % en 2007 et 52 % en 2005.

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