Verchères sur la sellette

La municipalité de Verchères fait l'objet d'une plainte au ministère des Affaires municipales pour avoir accordé un contrat à la firme d'ingénierie BPR. Cette plainte nécessite une analyse du ministère, parce que le maire de Verchères est un cadre supérieur chez BPR. Ce qui gèle l'approbation du contrat de 426 000 $, accordé le 20 avril dernier.

Le directeur général de Verchères, Luc Forcier, trouve embêtant que l'étude sur la mise aux normes d'installations individuelles de traitement des eaux usées tarde à démarrer.

Dans la municipalité voisine de Calixa-Lavallée, qui est partenaire de Verchères tout comme Saint-Antoine-sur-Richelieu dans ce dossier, on soulignait en mars dernier lors d'une assemblée extraordinaire du conseil municipal qu'il « est nécessaire d'agir rapidement afin de pouvoir respecter les échéanciers prévus dans ce projet ».

Quel conflit d'intérêts ?

Il semble que les trois municipalités n'aient pas cru que la situation d'apparence de conflit d'intérêts susciterait suffisamment de grogne pour mener à une plainte. Il reste que le maire Claude Fradet est directeur chez Enviraqua, une filiale de BPR. Il y est responsable des chantiers pour l'ouest de la Montérégie.

Comme on peut le lire dans le livre officiel des délibérations de Verchères, la décision d'accorder le contrat à BPR a été prise « lors d'une séance d'ajournement [sic] du conseil municipal ». On indique que le maire s'est retiré même s'il « n'a pas d'intérêt dans ce projet ».

Verchères a orchestré le dossier au nom des municipalités partenaires. Elle a procédé par appel d'offres sur invitation. Outre BPR, la firme Tecsult a déposé une proposition. Les deux entreprises ont démontré leur compétence, mais la facture de Tecsult était de 60 000 $ plus élevée que celle de BPR.