Ancien séminaire de philosophie des sulpiciens du mont Royal - Le ton monte entre la Ville et celle qui pourfend le projet de transformation

Dans une missive envoyée il y a quelques jours, la responsable du mont Royal au comité exécutif de la Ville de Montréal, Helen Fotopulos, a adressé une sérieuse mise en garde à Anushree Varma, qui pourfend le projet de transformation du site de l'ancien séminaire de philosophie des sulpiciens du mont Royal en complexe résidentiel de luxe.

Mme Fotopulos se dit «stupéfaite par la virulence des accusations et des insinuations» qu'a portées Anushree Varma à l'égard du maire de la Ville de Montréal, Gérald Tremblay, et de son administration. «Bien que ceux sur la scène politique développent certains antibiotiques aux attaques personnelles, ce n'est pas le cas dans le secteur privé [comprendre ici les promoteurs du projets et le propriétaire du site sur lequel est érigé l'ancien séminaire de philosophie]», fait savoir Helen Fotopulos.

«[S'ils] croient que leurs réputations ont été ternies par vos remarques, ils sont libres de prendre les mesures qu'ils jugeront appropriées pour remédier à la situation», ajoute-t-elle.

L'avertissement du comité exécutif de la Ville de Montréal fait suite à une lettre que les avocats de Développement Cato ont transmise à Mme Varma à la mi-juin, dans laquellle ils l'accusaient d'insinuer que leur client est mêlé à des pratiques d'affaires «scandaleuses, illégales et inappropriées». Ils faisaient entre autres référence à une lettre d'opinion publiée dans l'hebdomadaire Montreal Mirror et à des propos tenus sur les ondes de la radio CJAD.

La Ville de Montréal dit conduire ce projet selon les règles de l'art, notamment en mettant en oeuvre le Pacte patrimonial du Mont-Royal et les différents outils de régulation prévus pour administrer son développement en conformité avec la législation en place. «Malheureusement, ces outils n'ont pas été prévus pour éliminer le sentiment de perte éprouvé par certains individus, qui, comme vous, estiment que ces exemples de patrimoine sont des propriétés publiques, alors qu'ils sont, dans les faits, privés», indique Mme Fotopulos, tout en soulignant que la Ville de Montréal n'a pas l'intention d'acquérir lesdites propriétés, de les mettre en valeur et de les maintenir.

Helen Fotopulos a finalement opposé une fin de non-recevoir à une éventuelle rencontre avec Anushree Varma, qui a étudié et enseigné au collège Marianopolis, locataire des lieux entre 1975 et 2007.

La Ville dit maintenant attendre les recommandations de l'Office de consultation publique, faites après les consultations publiques sur le plan de développement du site.

L'aval du ministère de la Culture et des Communications sera aussi nécessaire à Développement Cato puisque l'ancien séminaire de philosophie des sulpiciens, construit en 1890, est situé en plein coeur de l'arrondissement historique et naturel du Mont-Royal, «un statut qui vise à en assurer un développement harmonieux, à favoriser sa mise en valeur et la conservation de ses éléments distinctifs».

L'arrondissement Ville-Marie et la Ville seront aussi appelés à modifier le zonage institutionnel du site et à approuver quelques entorses au plan d'urbanisme, notamment en ce qui concerne la hauteur des immeubles et le nombre de places de stationnement projetées.