Montréal rejette le projet de Skylink

Ottawa — Le comité exécutif de la Ville de Montréal a annoncé hier en fin de journée qu'elle n'appuierait pas publiquement le projet de télécabines de Skylink.

La famille montréalaise Jorgensen, à la tête de Skylink, avait sollicité l'avis de la Ville de Montréal, espérant qu'un avis favorable ferait pression sur la Société du Vieux-Port, une entité fédérale réfractaire au projet.

Skylink avait besoin d'un endroit dans le Vieux-Port pour lancer le téléphérique qui aurait relié Montréal, le parc Jean-Drapeau et la ville de Saint-Lambert en passant au-dessus du fleuve. Le projet, évalué à 100 millions de dollars, est entièrement financé par des intérêts privés. Il a reçu plusieurs appuis de la communauté d'affaires de Montréal et de groupes qui font la promotion des modes de transport écologiques. D'autres, comme Tourisme Montréal, ont exprimé des réserves.

La Ville de Montréal, après avoir analysé le dossier, n'a pas souhaité l'appuyer. Visiblement, la Ville n'a pas voulu entrer en conflit avec la Société du Vieux-Port. «Le projet de téléphérique aurait également un impact considérable sur les projets de la Société du Vieux-Port de Montréal visant à compléter l'aménagement de son territoire. La Société du Vieux-Port est un partenaire important et Montréal appuie les orientations d'aménagement adoptées par la Société», peut-on lire dans le communiqué de presse de trois paragraphes.

La Ville juge que plusieurs questions demeurent sans réponses, ce qui mine le projet. «Les membres du comité exécutif ont aussi émis des réserves sur plusieurs aspects du projet, notamment le fait que le promoteur n'a jamais déposé de plan d'affaires détaillé et qu'il n'a pas été en mesure de fournir les garanties financières requises ni de données fiables sur l'accroissement du tourisme.»

Le comité exécutif soutient que le projet «s'éloigne des orientations montréalaises en matière d'aménagement du territoire et des attentes qui ont fait l'objet de consensus», sans préciser lesquelles.

Dans un court communiqué, l'entreprise Skylink affirme prendre acte de la décision de la Ville de Montréal, sans toutefois jeter définitivement l'éponge. «Les représentants de l'entreprise tiennent à souligner qu'ils négocient actuellement une alternative aux terrains gérés par la Société du Vieux-Port de Montréal», peut-on lire. Un terrain dans le port de Montréal serait convoité.

«La direction de l'entreprise et ses partenaires se donnent jusqu'au 18 juin pour trouver une solution visant à trouver le terrain de 1600 mètres carrés nécessaire à la réalisation du projet», poursuit Skylink.

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