Crise dans le marché des matières recyclables - Montréal compensera le centre de tri

La Ville de Montréal a finalement décidé de se porter au secours de son centre de tri, aux prises avec des difficultés financières. Elle versera une somme allant jusqu'à trois millions de dollars à l'entreprise Rebuts solides canadiens (RSC) pour l'aider à traverser la crise qui frappe le marché des matières recyclables.

En octobre 2007, la Ville avait accordé un contrat d'une durée de dix ans à RSC, une filiale de TIRU, pour le tri et la mise en marché des matières recyclables de l'agglomération. L'entreprise avait accepté de traiter gratuitement ces matières, misant sur les revenus de leur revente pour assurer son profit. Or, le marché des matières recyclables s'est effondré l'automne dernier, forçant RSC à entreposer les matières récupérées sur le site du complexe environnemental de Saint-Michel en attendant de trouver une solution.

La Ville s'est entendue avec l'entreprise pour revoir le contrat. Elle versera à RSC une compensation pour les pertes enregistrées au cours des prochaines années, jusqu'à un maximum de trois millions de dollars pour toute la durée du contrat. La Ville estime que pour 2009, cette somme pourrait s'élever à 2,3 millions. Advenant une reprise du marché, l'entreprise s'est engagée à verser une ristourne à la Ville si ses revenus excèdent le seuil de 90 $ la tonne. «Nous voulions nous assurer de la continuité de l'offre de services. Il n'est dans l'intérêt de personne que le service de recyclage cesse», a fait valoir le responsable du développement durable au comité

exécutif, Alan DeSousa.

La nouvelle a été accueillie avec enthousiasme par RSC, a indiqué Manon Gauthier, porte-parole de l'entreprise. «C'est une étape importante qui a été franchie, et cette annonce démontre qu'il y a une évolution dans le dossier», a-t-elle indiqué, en laissant entendre que tout n'était pas encore réglé.

«On est bien contents, mais il était à peu près temps que l'administration fasse quelque chose. On les a questionnés souvent au conseil municipal, a commenté la mairesse de l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension et membre de l'opposition, Anie Samson.

En avril, l'arrondissement avait remis un avis d'infraction à l'entreprise pour cause de malpropreté. Au cours des derniers mois, celle-ci a retiré

2300 tonnes de matières entreposées autour du complexe environnemental, mais selon l'arrondissement, il en resterait 1300 tonnes sur le site, en plus des 20 000 tonnes de papier dans la carrière Saint-Michel.

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