Télécabines entre la Rive-Sud et le Vieux-Montréal - Ultimatum de Skylink

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Le promoteur a reçu l’appui de certains groupes, dont celui du Centre national du transport avancé.
Photo: source: Skylink Le promoteur a reçu l’appui de certains groupes, dont celui du Centre national du transport avancé.

Malgré l'ultimatum lancé par le promoteur Skylink, la Société du Vieux-Port de Montréal ne change pas d'idée. Elle maintient que le projet de télécabines nuirait à ses opérations et défigurerait ce secteur patrimonial. La balle est maintenant dans le camp des instances politiques.

Faute d'obtenir l'aval des autorités pour implanter un système de télécabines entre le Vieux-Montréal et Saint-Lambert, l'entreprise Skylink envisage de proposer son projet à d'autres villes, dont Québec. Même si le maire Gérald Tremblay soutient que son administration se prononcera d'ici dix jours, la réalisation du projet demeure impossible sans l'accord de la Société du Vieux-Port, une entité fédérale.

«S'il n'y a aucune décision d'ici le 18 juin, ce sera "Au revoir Montréal!" parce que nous avons d'autres possibilités ailleurs, au Portugal, au Mexique et peut-être à Québec ou à Ottawa», a indiqué hier le président de Skylink, Neils Jergerson, lors d'une conférence de presse.

Skylink se défend d'évoquer Québec dans le but d'augmenter la pression sur la métropole. «On n'est pas là pour entretenir la compétition entre Montréal et Québec. C'est vraiment très loin de nos intentions, a affirmé Luc Harvey, porte-parole de l'entreprise. Par contre, la Ville de Lévis a déjà signifié un intérêt et il y a eu des contacts qui ont été faits avec différentes instances de la Ville de Québec.»

Au cabinet du maire Régis Labeaume, on soutient n'avoir reçu aucun appel de l'entreprise. «L'attitude du maire, c'est toujours de rencontrer les gens qui ont des projets. Le maire a beaucoup d'ouverture», a déclaré hier son attaché de presse Paul-Christian Nolin. La porte-parole de Danielle Roy Marinelli, mairesse de Lévis, n'a pas rappelé Le Devoir.

Même si la décision d'autoriser le projet ne relève pas de la Ville de Montréal, l'administration Tremblay entend prendre position d'ici dix jours. Le maire Tremblay a indiqué hier au Devoir que le Service du développement économique avait terminé l'analyse du projet et qu'il soumettrait ses recommandations aux membres du comité exécutif demain ou la semaine prochaine. «On va prendre position avant la date du 18 juin, a dit M. Tremblay. Il semblerait qu'au niveau des aspects économiques, il y avait un certain questionnement.» Bien que la Société du parc Jean-Drapeau, un organisme municipal, ait donné son appui au projet, cela ne signifie pas que la Ville y sera favorable,

a-t-il ajouté.

Au cabinet du ministre fédéral responsable de la région de Montréal, Christian Paradis, on rappelle que, contrairement à ce qu'affirme le promoteur, le gouvernement fédéral ne peut forcer la Société du Vieux-Port à donner son aval au projet.

De son côté, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain accueille favorablement la proposition de Skylink. «C'est un projet qui mérite d'être étudié attentivement», croit le président de la Chambre, Michel Leblanc. Selon lui toutefois, le promoteur aurait avantage à présenter un plan d'affaires plus rigoureux et à proposer aussi d'autres trajets pour rallier davantage de partenaires.

Pour sa part, le Centre national du transport avancé (CNTA) appuie avec enthousiasme le projet, estimant que les télécabines, déjà utilisées dans plus d'une centaine de grandes villes dans le monde, offrent des avantages indéniables. Fiables, bien adaptées à notre climat et sans émissions de gaz à effet de serre, ces télécabines qui transportent jusqu'à 3000 passagers à l'heure s'appuient sur une technologie éprouvée, soutient Pierre Vallée, directeur senior au CNTA.

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