Sommet citoyen - Un premier choc entre Tremblay et Harel

Pendant un court moment, le maire Gérald Tremblay et son adversaire Louise Harel se sont retrouvés sur la même tribune hier alors qu’ils participaient au 5e Sommet citoyen de Montréal. Ils sont accompagnés
d’Annie Roy, de l’Action terroriste
Photo: Jacques Nadeau Pendant un court moment, le maire Gérald Tremblay et son adversaire Louise Harel se sont retrouvés sur la même tribune hier alors qu’ils participaient au 5e Sommet citoyen de Montréal. Ils sont accompagnés d’Annie Roy, de l’Action terroriste

Le 5e Sommet citoyen de Montréal, tenu au cours de la fin de semaine, a permis de lancer les hostilités de la campagne électorale montréalaise. Commentant pour la première fois l'arrivée dans l'arène municipale de Louise Harel, le maire Gérald Tremblay a reproché à son adversaire de vouloir provoquer un débat de structures, mais il s'est bien gardé de critiquer les lacunes en anglais de l'ancienne ministre.

Le maire Tremblay a admis que le système de gouvernance à Montréal n'était pas parfait, mais que les citoyens avaient davantage envie d'entendre parler de développement économique et d'amélioration de leur qualité de vie. «Nous sommes bien conscients qu'il y a certaines améliorations qu'on peut apporter à la gouvernance de Montréal, mais certainement pas d'en faire un débat de structures au cours de la prochaine campagne électorale», a-t-il dit.

M. Tremblay s'est montré prudent lorsqu'il a été interrogé sur les connaissances limitées de Mme Harel en anglais. Faut-il être bilingue pour être maire de Montréal? «Ce sont les citoyens qui vont répondre à cette question», a-t-il répété, tout en reconnaissant que le bilinguisme pouvait constituer un avantage.

Le Sommet citoyen, qui se tenait hier à l'UQAM, a donné aux cinq candidats à la mairie de Montréal l'occasion de s'exprimer sur les grands enjeux montréalais en matière de démocratie, d'aménagement urbain, de culture, d'environnement et d'économie.

Gérald Tremblay n'a pas partagé la tribune avec ses adversaires et s'est plutôt adressé aux participants lors d'une table ronde réunissant des représentants des villes de Vancouver, de Toronto et d'Ottawa. Il a invoqué son horaire chargé pour expliquer cette situation. «Je n'ai pas peur d'être à côté de qui que ce soit pour débattre des enjeux de la métropole. À l'impossible, nul n'est tenu. Je n'ai pas encore le don d'ubiquité», a-t-il répliqué en énumérant les cinq événements auxquels il devait participer hier.

Les organisateurs du Sommet citoyen n'ont pas semblé se formaliser de sa décision. Tous les candidats avaient été invités, et le maire a fait savoir qu'il jugeait plus adéquat de partager la tribune avec des élus des autres villes, a relaté Luc Rabouin, porte-parole de l'événement: «On reconnaît qu'il a un statut particulier puisqu'il est le maire de Montréal. Ça ne nous causait pas de problème.»

Reste que lors de la campagne électorale de 2005, le maire avait refusé toutes les invitations à débattre avec son adversaire Pierre Bourque, si ce n'est deux confrontations télévisées en l'absence du public, l'une en français et l'autre en anglais.

M. Tremblay est tout de même revenu vers 13h30 pour le «toast» porté par les candidats à la mairie et par les organisateurs du Sommet, un moment que les photographes et caméramans se sont empressés d'immortaliser.

Éthique et gouvernance

De son côté, Louise Harel, qui avait jusqu'alors parlé abondamment des problèmes de gouvernance, a abordé les questions d'éthique, d'aménagement urbain et de transport. Elle a évoqué la nécessité d'adopter des règles de financement démocratiques et transparentes de manière à mettre les élus «à l'abri des retours d'ascenseurs». «J'annonce aujourd'hui que le parti Vision Montréal va afficher dorénavant toutes les contributions reçues, ainsi que le nom des donateurs, sur son site Internet. J'invite tous les partis municipaux à faire de même», a-t-elle indiqué.

Mme Harel estime aussi qu'un examen non partisan devra avoir lieu concernant la gouvernance et le partage des pouvoirs entre la ville-centre et les arrondissements. Selon elle, les services de déneigement et d'urbanisme devraient être centralisés «pour permettre à Montréal d'avoir une vue d'ensemble de tout son développement», a-t-elle expliqué. «Je pense par exemple que c'est inadmissible que, sur la même rue, on déneige d'un côté à 5 cm et de l'autre à 15 cm selon l'arrondissement où l'on habite.»

En matière de transport, elle a soutenu qu'il fallait s'opposer à tout projet qui induit un nombre accru de véhicules circulant à Montréal. «Il ne faut pas juste l'écrire dans un plan. Sur papier, on est dans le XXIe siècle, mais, dans la réalité, on est dans les années 60 avec les projets du pont de la 25, de la 30 sur de bonnes terres agricoles et de l'autoroute Ville-Marie en plein milieu urbain», a-t-elle expliqué.

Les trois autres candidats à la mairie, soit Richard Bergeron, de Projet Montréal, Louise O'Sullivan, du parti Montréal Ville-Marie, et Michel Bédard, de Fierté Montréal, ont également pris la parole lors de l'événement. M. Bergeron a fait savoir qu'après mûre réflexion, il avait rejeté toute possibilité de faire alliance avec le parti de Louise Harel.

L'arrivée de Mme Harel dans la course à la mairie fait toujours hésiter le député bloquiste d'Hochelaga, Réal Ménard, qui comptait briguer la mairie de l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve avec le parti du maire Tremblay. Fera-t-il équipe avec son ancienne alliée ou fera-t-il le saut dans le camp adverse? Il a indiqué hier que sa décision n'était toujours pas prise.

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