Montréal - Un évaluateur congédié pour avoir voulu jouer avec les chiffres à son avantage

La Ville de Montréal a congédié un évaluateur soupçonné d'avoir tenté de réduire la valeur foncière d'un immeuble commercial qu'il cherchait à acquérir, a appris Le Devoir. Le stratagème de l'employé aurait été découvert avant que celui-ci n'ait pu réaliser son plan, a-t-on indiqué à la Ville.

C'est à la suite d'une plainte que la Ville a entamé une enquête sur un évaluateur à son emploi depuis 1990. Selon les informations fournies par la Ville, il s'agirait d'un acte isolé. L'employé, qui travaille au service de l'évaluation foncière, aurait tenté de faire baisser la valeur d'un bâtiment commercial dans le but éventuel de s'en porter acquéreur. Le propriétaire de l'immeuble en question aurait refusé d'être associé à une telle démarche, a soutenu hier Jean-Yves Hinse, directeur des services professionnels à la Ville.

Même si la transaction ne s'est jamais réalisée et même si aucune modification n'a été finalement apportée au rôle foncier, la Ville a congédié l'employé le 12 décembre dernier, lui reprochant de s'être placé en situation de conflit d'intérêts et d'avoir voulu tirer un avantage indu de la situation. L'homme était suspendu sans solde depuis le mois de novembre. Aucune plainte n'a été déposée à la police. «C'est vraiment un cas isolé extrêmement regrettable, mais il est clair que la Ville ne pouvait faire autrement que de mettre fin au lien d'emploi pour une question de bris de confiance», a expliqué M. Hinse.

Congédiement contesté

Comme le syndicat des professionnels municipaux de la Ville a contesté le congédiement, le dossier a été confié à un arbitre qui entendra la cause le 19 mai prochain. En raison de la tenue de cette audience, M. Hinse n'a pas voulu dévoiler tous les éléments de preuve que détient la Ville.

Le syndicat des professionnels a déposé un grief, car selon lui, un doute raisonnable subsiste quant aux reproches qui sont faits à l'employé. «C'est l'arbitre qui devra statuer à savoir si [sic] les preuves de la Ville sont suffisantes et si la sanction est appropriée», a indiqué Gisèle Jolin, présidente du syndicat.

En septembre 2008, la Ville avait congédié le chef de projets à la Direction des systèmes d'information, Gilles Parent, à la suite de la découverte d'une fraude de 8 millions de dollars qu'il avait orchestrée après avoir développé un système de surfacturation. Récemment, un cadre a lui aussi été congédié en lien avec cette affaire. La Sûreté du Québec enquête actuellement sur cette fraude.

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