Tremblay sera candidat, quoi qu'en pense La Presse

Gérald Tremblay a profité d’entrevues à TVA et à Radio-Canada pour répondre à La Presse.
Photo: Pascal Ratthé Gérald Tremblay a profité d’entrevues à TVA et à Radio-Canada pour répondre à La Presse.

Le maire Gérald Tremblay s'est dit victime d'une «campagne de démolition» de la part du quotidien La Presse qui, hier en éditorial, réclamait de lui qu'il renonce à solliciter un troisième mandat à la mairie de Montréal. «Il y aura une élection en novembre et je serai des rangs», a-t-il affirmé, furieux.

En entrevue hier à TVA et à Radio-Canada, le maire a répliqué à ce qu'il considère comme une «croisade» menée contre lui par La Presse. «Ce n'est pas La Presse qui va décider qui va être le futur maire de Montréal. Ce sont les Montréalais et les Montréalaises», a-t-il martelé.

Dans un éditorial publié hier, Nathalie Collard soutenait qu'en raison des scandales qui secouent l'hôtel de ville depuis des mois, le maire ne devait pas briguer la mairie lors des élections du 1er novembre prochain. Elle disait souhaiter que le maire laisse la voie libre afin que des «candidats d'envergure» puissent se lancer dans la course.

Outré, le maire a qualifié d'acharnement à son endroit la prise de position du quotidien. Il a affirmé sa ferme intention de solliciter un troisième mandat en novembre.

Scandales

Reste qu'un parfum de scandale flotte au-dessus de l'hôtel de ville depuis des mois. Les rapports du vérificateur général de la Ville et de la firme Samsom Bélair Deloitte & Touche dévoilés plus tôt cette semaine ont d'ailleurs confirmé les pratiques douteuses qui ont eu cours à la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) à l'époque où Martial Fillion — ancien chef de cabinet du maire Tremblay — la dirigeait.

Constatant la gravité de la situation, le vérificateur général, Michel Doyon, a même recommandé que la police soit saisie du dossier. À cette affaire s'ajoutent d'autres dossiers controversés, dont l'attribution du contrat des compteurs d'eau et les voyages de l'ex-président du comité exécutif, Frank Zampino, sur le yacht de Tony Accurso, propriétaire de Simard-Beaudry, l'entreprise qui a décroché le lucratif contrat avec Dessau. Mais Gérald Tremblay se défend: «Laissons la Sûreté du Québec faire son travail. Si des gens ont fait des gestes qui sont croches, la police assumera ses responsabilités.»

Rapports secrets

La maire a aussi maille à partir avec le vérificateur général de la Ville, à qui il a dû demander hier de rendre public un troisième rapport portant sur la SHDM. Jeudi, M. Tremblay s'était montré exaspéré d'apprendre que Michel Doyon avait gardé secret un rapport consacré au projet du Faubourg Contrecoeur. Le rapport principal des transactions à la SHDM en 2007 et 2008 avait été déposé lundi soir au conseil municipal. Or, il en existait un autre, a-t-on appris, et celui-là a été remis aux élus mercredi. Il s'agit d'une vérification du travail des fonctionnaires de la Ville en ce qui concerne la vente du terrain du site Contrecoeur au promoteur Construction Frank Catania.

En après-midi hier, le troisième rapport a été remis aux élus et aux médias. Cette fois, trois ventes de terrains sont scrutées par le vérificateur, soit celles de l'îlot Balmoral, du Phoenix et de l'édicule du métro Saint-Laurent. M. Doyon avait inclus ses recommandations dans le rapport principal et n'avait pas jugé bon de révéler l'existence de cet autre document.

On y apprend notamment que, comme dans le cas du dossier Contrecoeur, l'avis des experts de la Division des stratégies et transactions immobilières (DSTI) de la Ville n'avait pas été pris en considération dans l'évaluation du prix de vente du terrain du projet Phoenix. Alors que la DSTI estimait à un montant variant entre

1,4 et 1,6 million la valeur du terrain, la Ville a plutôt choisi de le céder à la SHDM pour 733 000 $. Par la suite, le terrain a été vendu à Constructions Louisbourg, une entreprise appartenant à Tony Accurso, pour la somme de 1 dollar. La SHDM a toutefois obtenu du promoteur qu'il procède à divers travaux, dont la construction d'une salle communautaire d'une valeur de 400 000 $. Cette salle demeurera la propriété de la SHDM. Le vérificateur conclut que «cette transaction n'aura généré aucune perte pour la SHDM».

L'éthique

Pendant ce temps, à Québec, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, a parlé éthique avec les représentants du milieu municipal. À l'occasion d'une rencontre de la Table Québec-municipalités, la ministre a annoncé qu'elle allait mandater un groupe de travail dirigé par Florent Gagné, ancien sous-ministre et ex-directeur général de la Sûreté du Québec, de proposer, d'ici la fin juin, des mesures visant à préciser les règles d'éthique pour le monde municipal.

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