Faubourg Contrecoeur - Tremblay prend la défense de son directeur général

Le maire Gérald Tremblay n’a pas l’intention de sévir contre le directeur général de la municipalité dont le chef de l’opposition a réclamé le congédiement pour son rôle dans la vente d’un terrain à Construction Frank Catania.
Photo: Jacques Nadeau Le maire Gérald Tremblay n’a pas l’intention de sévir contre le directeur général de la municipalité dont le chef de l’opposition a réclamé le congédiement pour son rôle dans la vente d’un terrain à Construction Frank Catania.

Malgré la publication cette semaine de trois rapports de vérification révélant des faits troublants sur les pratiques de gestion à la SHDM, le maire Gérald Tremblay demeure persuadé que la vente du site Contrecoeur a servi les intérêts de la Ville. Une opinion que ne partage pas l'ancien haut-fonctionnaire responsable des transactions immobilières à la Ville.

L'administration du maire Gérald Tremblay s'est défendue, hier, d'avoir passé outre l'avis de ses propres fonctionnaires lors de la vente du terrain du Faubourg Contrecoeur à Construction Frank Catania. Le maire Tremblay a réitéré son appui à son directeur général, Claude Léger, qui est intervenu dans ce dossier.

Prenant la défense de son directeur général, Gérald Tremblay a indiqué hier qu'il était hors de question de congédier Claude Léger, comme le réclamait mercredi le chef de l'opposition, Benoit Labonté. Au contraire, le maire a appuyé les décisions prises par M. Léger dans le dossier du Faubourg Contrecoeur.

Pour répliquer aux critiques formulées à son endroit à la suite de la publication d'un rapport du vérificateur général sur le projet, Claude Léger a fait parvenir une longue lettre aux médias hier après-midi. Il soutient avoir pris ses précautions pour protéger les intérêts de la Ville à la lumière des commentaires formulés par Joseph Farinacci, ancien directeur de la Direction des stratégies et transactions immobilières (DSTI) de la Ville. Rappelons que M. Farinacci avait quitté son poste en mars 2007, car il estimait que M. Léger avait fait fi de ses recommandations.

Un prix juste?

Dans sa missive, M. Léger détaille par le menu les étapes qui ont mené à la vente du terrain de 38 hectares du site Contrecoeur. Il y fait valoir qu'en décembre 2006, Joseph Farinacci était d'accord pour vendre le terrain à la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) pour la somme de 14,8 millions. La SHDM a par la suite averti le DSTI qu'en raison d'une offre du promoteur Catania, elle était prête à débourser 19,1 millions, mais qu'il faudrait y soustraire un montant de 14,7 millions à cause, notamment, des sols contaminés.

C'est à ce moment que M. Farinacci s'était opposé à la transaction, jugeant que les coûts soustraits étaient trop élevés et qu'il était essentiel de réaliser des études approfondies sur la contamination des sols avant de procéder à la vente. Affirmant avoir tenu compte des réserves exprimées par M. Farinacci, M. Léger a fait préciser que le montant de 14,7 millions devait constituer un «maximum».

Deux ans après son départ de la Ville, Joseph Farinacci est toujours persuadé que la transaction conclue n'a pas servi les intérêts de la Ville et que les décisions prises ne respectaient pas les «meilleures pratiques». Selon lui, la Ville et la SHDM auraient dû exiger des études approfondies sur les coûts de décontamination avant de procéder à la transaction, car l'évaluation préliminaire de 11 millions était trop élevée. Une récente étude de Génivar a d'ailleurs déterminé que ces coûts pourraient se situer entre 5,9 et 7,3 millions.

Constatant que la Ville allait aller de l'avant avec la transaction en dépit de ses avertissements, M. Farinacci a démissionné en mars 2007. La SHDM a consenti au promoteur un prêt de 14,6 millions correspondant aux coûts de décontamination des sols et de la construction d'un talus acoustique. «C'était comme donner à Catania l'argent deux fois», fait remarquer M. Farinacci.

Aujourd'hui, la SHDM se voit obligée d'aller réclamer de Catania les montants qu'elle a payés en trop, une situation qui aurait pu être évitée. «Tout ça allait vraiment à l'encontre de mes façons de faire», indique M. Farinacci.

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