La tournée de séduction du maire de Québec commence à Montréal

Cherchant à vendre une fois de plus Québec comme destination touristique, le maire Régis Labeaume a amorcé hier à Montréal une tournée de séduction devant l'amener aux quatre coins de la province.

M. Labeaume veut ainsi combattre la crise économique, mais surtout la morosité post-400e anniversaire qui risque de s'installer dans la Vieille Capitale après toute une année de festivités.

«On ne voulait pas que cette vague se casse, a-t-il expliqué. C'était fondamental pour nous.»

Il dispose pour ce faire d'armes de choix avec la programmation du Festival d'été de Québec, qui comprend des noms aussi prestigieux que Sting, Kiss et Placido Domingo, le Moulin à images de Robert Lepage et un nouveau spectacle du Cirque du Soleil.

Outre plusieurs régions du Québec, sa tournée devrait passer par les Maritimes, Toronto et Boston.

Dans la métropole, le maire Labeaume a usé de tout son charme à l'occasion d'une conférence de presse — flanqué du directeur général du Festival d'été, Daniel Gélinas, qui a aussi été le grand manitou du 400e — et de nombreuses entrevues.

Tous ces efforts s'inscrivent dans un plan à long terme que M. Labeaume a pour Québec, dont il veut dépoussiérer l'image.

«On veut changer la ville, créer le "buzz", rajeunir, etc., etc., a-t-il dit. Alors, si on voit juste les retombées dans six mois, douze mois, ce n'est pas assez. Ça va plus loin que ça, notre affaire.»

M. Labeaume ne croit pas que les gens ont à choisir entre Québec et Montréal pour leurs vacances. Il a estimé que les offres touristiques des deux pôles sont complémentaires.

«On ne dit pas au monde de venir passer trois semaines de vacances à Québec, mais au moins une semaine», a-t-il déclaré.

L'éthique

Le maire Labeaume a par ailleurs refusé de se mouiller au sujet des problèmes que connaît son homologue montréalais Gérald Tremblay (compteurs d'eau, services informatiques, Société d'habitation et de développement).

«Je m'y attendais [à ces questions], mais je suis très mal à l'aise, a-t-il reconnu. Je n'ai pas le goût de parler de ça. Mais je sais que c'est inévitable.»

«Les problèmes d'attribution de contrats, ce sont des problèmes internes, a fait valoir M. Labeaume. Moi, je vais tenir mon rang. Nous, on a des règles d'attribution de contrats, on a un code d'éthique pour les élus et les hauts fonctionnaires depuis 2002. On est organisés. Nous autres, c'est nous autres. Je ne commencerai pas à faire le "smart" et à donner mon opinion sur les autres administrations, parce que je n'aimerais vraiment pas que quelqu'un le fasse chez nous.»

Régis Labeaume s'est montré ouvert à l'idée d'un commissaire à l'éthique provincial ayant juridiction sur les élus municipaux.

«Si j'avais un problème, moi aussi, éventuellement, peut-être que je serais heureux d'avoir un commissaire, a indiqué M. Labeaume. Mais là, il faudrait qu'ils le fassent. Il faut arrêter de le dire. Qu'ils le fassent.»

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