Formule 1 - Grand Prix du Canada: les ponts se reconstruisent

Le conducteur Robert Kubica célèbre sa victoire lors du dernier Grand Prix du Canada, couru le 8 juin 2008 à Montréal. Absent cette année de l’île Notre-Dame, l’événement pourrait bel et bien être de retour l’été prochain.
Photo: Agence France-Presse (photo) Le conducteur Robert Kubica célèbre sa victoire lors du dernier Grand Prix du Canada, couru le 8 juin 2008 à Montréal. Absent cette année de l’île Notre-Dame, l’événement pourrait bel et bien être de retour l’été prochain.

Les pourparlers ont repris entre Bernie Ecclestone et le maire Gérald Tremblay en vue d'un retour du Grand Prix du Canada de Formule 1 à Montréal. «Les trois paliers de gouvernement [municipal, provincial et fédéral] sont intéressés» par un retour de la prestigieuse course automobile au circuit Gilles-Villeneuve de l'île Notre-Dame après qu'elle eut été rayée du calendrier pour 2009, a fait savoir hier l'attaché de presse du maire, Martin Tremblay. «Le maire est en discussions avec M. Ecclestone.»

La teneur des échanges demeure confidentielle, mais la Ville tient à assurer que si le Grand Prix revoit le jour, «ça ne se fera pas à n'importe quelles conditions, et que le retour sur investissement devra être bon», a indiqué Martin Tremblay.

Dans une entrevue accordée au magazine Motor Sport dont se fait l'écho le site f1central.fr, M. Ecclestone a corroboré l'intérêt des gouvernements au Canada. «Nous essayons d'y revenir à nouveau», a dit le grand patron de la F1 en parlant de Montréal. L'année 2011 a souvent été évoquée pour une reprise des affaires, mais on parlerait cette fois-ci d'une possibilité pour 2010.

Il appert que les constructeurs automobiles tiennent beaucoup à se produire en Amérique du Nord en raison de la taille du marché. Or, pour la première fois depuis 1957, aucun Grand Prix ne figure cette année au calendrier de la F1 sur ce continent. Récemment, des rumeurs ont circulé voulant que Montréal soit sollicitée en 2009 si les installations d'Abu Dhabi, où doit se dérouler la 17e et dernière épreuve de la saison le 1er novembre prochain, ne sont pas prêtes à temps. Le maire Tremblay avait alors déclaré qu'il souhaitait plutôt décrocher une entente à long terme «qui respecte la capacité de payer des contribuables». Les organisateurs du GP d'Abu Dhabi ont insisté pour dire depuis qu'ils allaient être en mesure de tenir l'événement.

Un retour à Montréal se ferait d'ailleurs dans le cadre plus large d'une occupation du territoire nord-américain. D'abord, il est prévu qu'une nouvelle écurie américaine, menée par les vieux routiers du sport automobile Peter Windsor et Ken Anderson (United States Grand Prix Management), fasse son entrée en F1 la saison prochaine. Cette équipe pourrait même mettre en vedette la première pilote féminine à remporter une course de série IndyCar, Danica Patrick, bien que celle-ci ait indiqué vouloir demeurer en IndyCar pour le moment.

Ensuite, M. Ecclestone n'a toujours pas abandonné son projet de longue date de présenter une course dans les rues de New York, une perspective qu'il préfère à un retour sur le circuit des 500 milles d'Indianapolis. «C'est le seul endroit où quelqu'un pourrait en tirer une affaire. À part Indianapolis, il n'y a nulle part aux États-Unis où nous pouvons aller et garder la tête haute et dire: "Cet endroit est comparable à d'autres circuits qu'on construit dans le monde."» Après avoir fait relâche pendant huit ans dans les années 1990, le Grand Prix des États-Unis, autrefois tenu à Watkins Glen et à Phoenix, a eu lieu à Indianapolis de 2000 à 2007.

Indianapolis n'aurait pas la faveur des gens de la F1 en raison de son emplacement géographique. Le directeur de l'écurie BMW Sauber, Mario Theissen, faisait récemment valoir que la ville est située en plein Midwest alors que le gros des clients de l'entreprise se trouve sur les côtes est et ouest.

Dans l'entretien, M. Ecclestone a aussi tenu à prévenir que, dans ce dossier, tout dépendait de la disposition des écuries à disputer des courses supplémentaires. Les accords liant les constructeurs à son entreprise prévoient présentement un maximum de 17 épreuves, à défaut de quoi une compensation financière doit être versée.

D'après ce que l'on a pu apprendre, c'est M. Ecclestone lui-même qui aurait pris l'initiative de reprendre les discussions avec les autorités au Canada. On peut supputer à cet égard que l'ampleur de la crise financière mondiale l'a forcé à revoir ses procédés.

Récemment, l'ancien patron du Grand Prix du Canada, Normand Legault, évoquant les bouleversements qu'allait causer sur l'univers du sport automobile cette même crise, disait avoir bon espoir de voir l'épreuve renaître d'ici à 2011.

En octobre dernier, on apprenait que le calendrier 2009 de la Formule 1 adopté par la Fédération internationale de l'automobile (FIA) ne comprenait pas Montréal. Des tentatives de sauvetage de l'événement auprès de M. Ecclestone menées par le maire Tremblay et les ministres Raymond Bachand et Michael Fortier au cours des semaines suivantes se sont révélées vaines et, à la mi-novembre, la cause était entendue. Les dirigeants du Grand Prix du Canada avaient alors dénoncé les demandes financières déraisonnables de M. Ecclestone et son «intransigeance». Les choses semblent avoir changé depuis.

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