Nouvelle mairie dans le parc René-Masson - Mort et presque enterré

Le projet de construction d'une nouvelle mairie dans le parc René-Masson est mort et presque enterré. Les quatre élus d'Union Montréal dans l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles ont retiré leur appui au projet piloté par le maire Cosmo Maciocia. Ils ont annoncé, mardi, leur intention d'officialiser l'abandon du projet au cours des prochaines semaines.

Appréhendant des dépassements de coûts importants, les conseillers Joe Magri, André Bélisle, Maria Calderone et Joseph Di Pietro estiment qu'il vaut mieux renoncer à construire la nouvelle mairie. Lors de la période d'intervention des élus à la séance du conseil d'arrondissement mardi soir, Joe Magri a pris la parole au nom de ses collègues pour annoncer leur décision commune. Sans leur appui, le projet du maire Maciocia devient caduc.

Depuis son annonce en 2007, le projet n'a cessé de susciter la contestation. Afin de loger sous un même toit la mairie et la maison de la culture, l'arrondissement avait planifié de sacrifier un boisé du parc René-Masson pour y construire un nouvel édifice au coût de 18,4 millions. Un avis défavorable du Conseil du patrimoine et les protestations des résidants du secteur et du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal n'avaient pas réussi à faire fléchir les élus majoritaires. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs avait même dû intervenir en janvier 2008 lorsque l'entrepreneur embauché par l'arrondissement avait entrepris d'abattre des arbres sans autorisation.

M. Magri a expliqué hier que de récentes modifications au projet laissaient entrevoir une augmentation des coûts. Il soutient qu'en raison du climat économique actuel, mieux vaut se contenter des espaces de bureau loués par l'arrondissement. Les élus dissidents souhaitent toutefois aller de l'avant avec la construction d'une maison de la culture qui pourrait être construite à côté de la bibliothèque, sur le boulevard Perras.

Il s'agit du deuxième sujet de discorde en moins d'un mois entre M. Maciocia et les quatre conseillers de son équipe. Le mois dernier, ceux-ci avaient critiqué les propos du maire qui suggérait de revoir les frontières de l'arrondissement. Mais M. Magri refuse d'y voir une chicane politique. «On a des divergences d'opinion, mais j'ai beaucoup de respect pour M. Maciocia», a-t-il dit.

Il a été impossible d'obtenir les commentaires de M. Maciocia, mais son attaché de presse a indiqué que le maire était fort déçu de la décision de ses collègues. Un montant de 1,4 million aurait déjà été dépensé par l'arrondissement pour les honoraires ainsi que pour les plans et devis.

Le volte-face des élus d'Union Montréal a enchanté la conseillère de Vision Montréal, Suzanne Décarie, tout comme André Porlier, directeur général du CRE.

Une résolution confirmant l'abandon du projet devrait être entérinée par le conseil d'arrondissement lors d'une prochaine assemblée. Le contrat conclu avec la firme Dessau devra aussi être annulé.

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