Compteurs d'eau: il faudra au moins cinq mois pour «faire toute la lumière»

Michel Doyon attend de voir les détails du mandat qui lui sera confié, mais il annonce déjà que le vérificateur général pourra difficilement remettre son rapport avant la fin du mois de septembre.
Photo: Jacques Nadeau Michel Doyon attend de voir les détails du mandat qui lui sera confié, mais il annonce déjà que le vérificateur général pourra difficilement remettre son rapport avant la fin du mois de septembre.

Vérificateur général à la Ville de Montréal, Michel Doyon prendra sa retraite en juin prochain. Mais d'ici là, il ne chômera pas puisque le maire Gérald Tremblay vient de lui confier la mission de faire la lumière sur les allégations d'irrégularités dans le dossier des compteurs d'eau.

La suspension du contrat des compteurs d'eau décrétée par le maire Gérald Tremblay pourrait se prolonger jusqu'en septembre, selon le vérificateur général de la Ville de Montréal. Michel Doyon ne connaît pas encore les détails du mandat qui lui sera confié, mais il soutient qu'en raison de la complexité du dossier, le rapport d'enquête ne pourra être déposé avant cinq mois.

Hier, Gérald Tremblay a dit souhaiter que l'enquête du vérificateur soit faite «le plus rapidement possible» puisque la durée de la suspension du contrat de 355 millions de dollars accordé à Génieau en dépend. «On ne peut pas éterniser la suspension d'un contrat, a-t-il expliqué. Génieau est informée. [La firme] comprend la raison pour laquelle nous avons pris cette décision et tout le monde a intérêt à faire la lumière sur ce dossier-là dans les plus brefs délais. Mais si je mets beaucoup de pression sur le vérificateur, on va me dire que je l'ai influencé. C'est à lui de faire diligence.»

Michel Doyon sait que le dossier des compteurs d'eau ne sera pas de tout repos et à ses yeux, il est irréaliste de croire que le rapport d'enquête pourra être déposé avant septembre, a-t-il expliqué au Devoir lors d'un entretien téléphonique. Ce dossier qui vient d'atterrir sur son bureau s'ajoute au mandat qu'il avait reçu concernant la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) et à ses tâches régulières qui conduiront au dépôt de son rapport annuel le 25 mai.

Plus tôt cette semaine, le chef de l'opposition, Benoit Labonté, avait suggéré que le rapport du vérificateur soit déposé au conseil municipal du 29 août, mais M. Doyon croit que ce délai est trop serré: «Ça dépendra de la portée qu'aura le mandat, mais si on parle de "faire toute la lumière sur le dossier", pour utiliser l'expression entendue ces derniers jours, il faudra davantage de temps.» En raison des élections municipales du 1er novembre, la fin du mois de septembre lui apparaît comme l'échéancier le plus vraisemblable.

Doté d'un budget de 4,5 millions, le bureau du vérificateur compte 28 employés. M. Doyon a avisé mercredi le chef de cabinet du maire Tremblay qu'il lui faudrait davantage de ressources financières pour mener à bien sa tâche. Le message a été entendu puisque le maire a promis de lui accorder des crédits supplémentaires.

S'il doit examiner les aspects techniques du dossier des compteurs d'eau, M. Doyon devra faire appel à des consultants en ingénierie. Son défi sera alors de trouver une firme d'ingénieurs qui n'a pas de liens avec le dossier, ce qui «exclut un paquet de monde», précise-t-il. Mais il ne pourra vraisemblablement pas se pencher sur la conduite de l'ex-président du comité exécutif, Frank Zampino, qui a séjourné sur le bateau d'une des firmes soumissionnaires alors que le processus de sélection était en cours. Les pouvoirs du vérificateur se limitent aux opérations de la Ville, dit-il.

Michel Doyon n'aura pas le temps de compléter l'enquête lui-même car son mandat de sept ans se termine le 2 juin prochain. C'est donc son successeur, dont l'identité sera connue la semaine prochaine, qui devra prendre le relais dans ce dossier. Âgé de 60 ans et ancien employé de Bell Canada où il a occupé la fonction de vérificateur interne pendant dix ans, M. Doyon prendra alors sa retraite. La dernière année de son mandat aura été mouvementée. «Je m'en serais bien passé», lance-t-il.

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