Tremblay se défend d'avoir perdu le contrôle

La Ville de Montréal n'a pas perdu le contrôle du contrat des compteurs d'eau, a affirmé hier le maire Gérald Tremblay. Bien que son administration ait confié à des firmes externes, comme BPR et Dunton Rainville, la responsabilité de certains éléments du dossier, le maire soutient que la Ville a toujours été maître d'oeuvre du projet.

«C'est un dossier qui a été initié et mené par les services de la Ville. Il y a trois services qui ont travaillé au sein même du bureau de projet et la maîtrise d'oeuvre a toujours été la responsabilité de la Ville. Par contre, on a cru bon de se faire accompagner par une firme externe», a expliqué le maire.

Au lendemain de l'annonce de la suspension du contrat des compteurs d'eau de la firme Génieau, le maire Tremblay a mené hier une opération de relations publiques, s'engageant dans un marathon d'entrevues à la radio et à la télévision.

Il a prévenu qu'il ne fallait pas tirer des conclusions trop hâtives au sujet du contrat des compteurs d'eau considéré trop coûteux par certains observateurs: «Si l'enquête du vérificateur général détermine que nous payons 155 millions de trop, comme certains experts le disent, je pense que je devrai protéger les payeurs de taxes et j'aurai à revoir ce contrat. Mais je reste convaincu qu'il est important de doter les industries et les commerces de compteurs d'eau sur l'île de Montréal.»

Il a promis que, lors d'une conférence de presse la semaine prochaine, la Ville allait rendre publiques des informations permettant de faire de véritables comparaisons entre le contrat confié à Génieau et ceux accordés ailleurs au Canada. Rappelons que Toronto installera 465 000 compteurs au coût de 219 millions, alors que Montréal dépensera 106,8 millions pour doter les industries et les commerces de 32 000 compteurs. «Le contrat de Toronto comporte surtout des compteurs destinés au secteur résidentiel. Quant à Ottawa, on a porté un jugement sans avoir toute l'information pertinente. La semaine prochaine, on va fournir des tableaux qui démontrent les [chiffres] comparables», a-t-il dit.

La suspension du contrat des compteurs d'eau n'entraînera pas de pénalités, du moins pas pour l'instant, a assuré le maire. «Mais il est possible qu'il y ait des pénalités si jamais le consortium a des frais de financement ou encore au niveau [sic] du capital humain qui est nécessaire pour maintenir l'équipe en place pour la réalisation du contrat. C'est la raison pour laquelle je demande au vérificateur de faire diligence», a-t-il dit.

Pour sa part, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a réclamé hier l'annulation pure et simple du contrat.

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