Vision Montréal est en mauvaise situation financière

Le parti du maire Gérald Tremblay, Union Montréal, a entamé l'année électorale dans une position financière beaucoup plus confortable que Vision Montréal. Même si la formation politique de Benoit Labonté a réussi à augmenter sa récolte de membres et de contributions au cours de 2008, le parti a clôturé l'année avec un déficit de 85 000 $. Pendant ce temps, Union Montréal a terminé avec un excédent de 1,1 million de dollars.

L'arrivée de Benoit Labonté à la tête de Vision Montréal a coïncidé avec une hausse des revenus de la formation politique, révèle le rapport financier du parti déposé plus tôt cette semaine. Alors qu'en 2007 le parti n'avait pu compter que sur 15 contributeurs de plus de 100 $ — essentiellement des élus —, ce chiffre a grimpé à 217 en 2008, permettant au parti de récolter 137 895 $.

De plus, 1236 personnes ont signé leur carte de membre l'année dernière, contre 275 seulement en 2007. Quatre activités de financement tenues à compter de juin, soit un mois après le couronnement de M. Labonté à la chefferie, ont permis de récolter 72 000 $.

Reste que les dépenses ayant largement excédé les revenus, le parti s'est retrouvé en fin d'année avec un déficit de 88 000 $. Ce trou aurait été plus considérable n'eût été le surplus de 257 000 $ résultant de l'année précédente.

Benoit Labonté n'a pas voulu commenter les états financiers du parti hier. Une porte-parole a indiqué que la situation financière de Vision Montréal n'était pas idéale en année électorale et que le chef en était conscient, mais que le parti «redoublerait d'efforts pour organiser des événements de financement en vue de la campagne électorale».

Rappelons que l'année 2008 a été marquée par plusieurs démissions avec les départs des conseillers Richer Dompierre, Claire St-Arnaud et Pierre Mainville. En novembre, l'ex-directeur général du parti, Robert Laramée, devenu conseiller spécial de Benoit Labonté, avait lui aussi tiré sa révérence. À eux s'est ajouté le directeur général Giulio Maturi, qui a donné sa démission récemment. Il remplaçait Yves Lemire, resté en poste trois mois.

Dans la foulée des démissions à l'automne dernier, M. Labonté avait d'ailleurs décrété une vérification interne des finances du parti visant la période précédant son arrivée à la chefferie. Hier, il a déclaré que cette enquête n'était pas terminée.

Robert Laramée attribue la piètre situation financière du parti aux dépenses liées à la course à la chefferie par M. Labonté, estimées à plus de 120 000 $, et aux efforts de financement insuffisants. «On croyait vraiment qu'avec l'arrivée du nouveau chef, il y aurait une explosion d'activités et de cocktails de financement. Ça ne s'est pas fait, a-t-il indiqué hier. Le sondage publié en février, qui lui donnait 4 % des intentions de vote, illustre ce que je dis.» Il déplore également le fait que le parti est confronté à une réclamation de la part du Directeur général des élections du Québec à la suite de manoeuvres frauduleuses commises en 2005. Selon lui, le montant réclamé avoisinerait les 80 000 $.

Du côté d'Union Montréal, le rapport financier de 2008 révèle que les contributeurs ont versé 868 640 $ dans la caisse du parti et que 4948 cartes de membre ont été vendues. Au cours de l'année, 14 activités de financement ont été organisées, dont une à Saint-Léonard au coût d'entrée de 1000 $ par personne.

Quant à Projet Montréal, le parti dirigé par Richard Bergeron, malgré une hausse des revenus et une légère augmentation des adhésions, qui s'élèvent à 428, le parti a terminé l'année avec un déficit de 70 000 $.

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