Consultations publiques sur le chauffage au bois - Le projet est salué, sa mollesse dénoncée

Le débat houleux attendu lors du coup d'envoi, hier soir, des consultations publiques sur le projet de règlement de la Ville de Montréal visant à interdire l'installation d'appareils de chauffage au bois dans les maisons neuves ou existantes n'a finalement pas eu lieu. D'une seule voix, les représentants de groupes environnementaux et les citoyens présents à l'Hôtel de ville ont salué les «premiers pas» de la Ville, mais regrettent la mollesse du projet de règlement actuellement sur la table.

«Je suis entourée de personnes qui chauffent au bois du début septembre au mois de juin. Je suis contente que vous commenciez à réglementer le chauffage au bois, mais je ne sais pas quel impact ça aura sur moi à Beaconsfield», a lancé Joan Doiron, qui dit souffrir d'asthme et de migraine.

«C'est le même discours qu'on avait dans les années 50 au sujet du tabac, que ce n'était pas vrai, que ce n'était pas dangereux pour la santé. Il y a beaucoup d'ouvrage à faire dans la sensibilisation», a pour sa part affirmé le directeur de l'Association pulmonaire du Québec, Louis Brisson.

À l'instar du Conseil régional de l'environnement de Montréal, plusieurs citoyens ont applaudi le projet de règlement de l'administration Tremblay, mais ont demandé à la Ville d'aller plus loin et d'obliger les quelque 50 000 propriétaires actuels d'appareils de chauffage au bois de se défaire de leur système de chauffage actuel ou de le remplacer par un appareil moins polluant.

«On a remarqué que le chauffage au bois compte pour 47 % des particules fines totales émises durant l'année 2005, a indiqué Annick Le Floch, de la Direction de l'environnement et du développement durable, lors de la présentation précédant la période des questions. Les premières fois qu'on en a parlé, les gens ne nous croyaient pas.»

«Il y a plusieurs effets à une exposition aux particules fines, notamment l'augmentation de la mortalité cardio-respiratoire», a ajouté Norman King, médecin spécialisé en épidémiologie à la Direction de la santé publique de Montréal.

Alan DeSousa, responsable du développement durable et de l'environnement à la Ville de Montréal, dit actuellement travailler d'arrache-pied pour augmenter l'aide octroyée aux propriétaires d'appareils de chauffage au bois qui désirent se procurer un appareil moins polluant. Ils sont actuellement admissibles à des remboursements d'environ 600 $ — 300 $ de l'Association des professionnels du chauffage au bois (APC) et 300 $ du ministère fédéral des Ressources naturelles. «J'ai rencontré cette semaine le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, pour voir la possibilité d'avoir un programme de remplacement de ce genre de poêles. La même demande sera faite auprès du gouvernement du Québec», a affirmé M. DeSousa.

La consultation se poursuivra mardi et mercredi prochains. Le directeur général de l'APC, Ghislain Bélanger, et le directeur de la Coalition québécoise du bois, François Tanguay, y prendront notamment la parole.

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