Laval veut ramener le trolleybus

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Alors que le maire Gérald Tremblay rêve de voir des tramways rouler dans les rues de Montréal, son collègue de Laval, Gilles Vaillancourt, a plutôt opté pour les trolleybus. Ceux-ci sont moins coûteux et plus aisés à implanter que les tramways, a-t-il fait valoir hier.

Alors qu'ils avaient disparu du paysage québécois dans les années 60, les trolleybus préparent leur retour. La Ville de Laval a annoncé hier la réalisation d'une étude de faisabilité en collaboration avec le ministère des Transports du Québec (MTQ) et Hydro-Québec afin d'implanter un réseau de trolleybus sur le territoire lavallois. Les premiers véhicules devraient commencer à rouler d'ici la fin de 2010, espère le maire Gilles Vaillancourt.

À l'instar des autobus, les trolleybus roulent sur des pneus, mais ils sont beaucoup plus écologiques et silencieux que leurs cousins puisqu'ils sont propulsés à l'électricité et n'émettent pas de gaz à effet de serre (GES). À l'heure actuelle, ils sont utilisés dans 340 villes du monde et, au Canada, on en retrouve à Toronto et à Vancouver. À Montréal, le réseau de trolleybus a été démantelé en 1966.

Le maire Vaillancourt, qui avait déjà évoqué l'idée de doter Laval d'un réseau de tramway, a finalement préféré le trolleybus qui coûte entre six à sept fois moins cher à implanter que le tramway. S'il ne renonce pas au tramway, il croit que ce mode de transport sera mieux indiqué dans un avenir plus éloigné, lorsque la densité de population sera plus importante.

Au cours des prochains mois, la Société de transport de Laval (STL) réalisera une étude de faisabilité en prévision de l'implantation éventuelle de quatre circuits de trolleybus sur les boulevards des Laurentides, Notre-Dame, de la Concorde et Curé-Labelle. L'étude permettra d'évaluer le coût du projet et d'examiner le type de véhicules à préconiser — articulés ou non —, les infrastructures et le type d'aménagement qui seront nécessaires. Le coût de l'étude est estimé à 600 000 $. Le MTQ et Hydro-Québec verseront tous deux une somme de 250 000 $ alors que la STL assumera la différence.

Présent pour l'annonce hier, le président et chef de direction d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a expliqué hier que la société d'État souhaitait électrifier les réseaux de transport terrestre au Québec. Hydro-Québec entend d'ailleurs assumer tous les coûts liés aux infrastructures électriques du réseau de trolleybus de Laval, notamment les lignes aériennes, ou caténaires, auxquelles seront branchés les trolleybus. Il s'agit d'un investissement de plusieurs dizaines de millions de dollars, a-t-il dit: «Notre souhait, c'est que l'initiative de Laval s'étende à plusieurs autres sociétés de transport collectif au Québec. L'électrification du transport collectif doit se poursuivre si on veut réduire les GES au Québec.»

À l'achat, les trolleybus coûtent plus cher que les autobus traditionnels — entre 40 et 50 % de plus —, mais leur durée de vie atteint en moyenne 20 ans au lieu de 16, soutient la STL.

Laval sera la première ville au Québec à ramener le trolleybus dans le paysage québécois, s'est targué le maire Vaillancourt. «Je suis convaincu que plusieurs sociétés de transport parmi les neuf grandes villes du Québec vont s'intéresser à l'étude que nous faisons et vont la suivre de très près. Ils auront le bénéfice d'être deuxièmes», a-t-il indiqué. Quant à la décision de Montréal de préférer le tramway, il a indiqué que cette solution était peut-être mieux adaptée au caractère urbain de la métropole.

Steven Guilbeault, d'Équiterre, a salué l'initiative de Laval et souhaite que d'autres villes québécoises l'imitent: «C'est une aberration que, dans un pays comme le Québec, où l'on produit une électricité qui est relativement propre, on continue d'utiliser le diesel dans les transports en commun.»