Tremblay promet de mieux encadrer les casseurs

Citoyens opposés à la brutalité policière un jour; citoyens emmêlés dans les arcanes du système judiciaire le lendemain. Dix-sept personnes ont comparu hier en cour pour des accusations variées allant de méfait à voies de fait contre des policiers à la suite de la manifestation houleuse de dimanche. Elles ont toutes été relâchées sous condition en attente de leur procès.

Les débordements survenus lors de la manifestation annuelle du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) — 221 arrestations au total et 200 000 $ de dommages — ont forcé le maire de Montréal, Gérarld Tremblay, à sortir de sa réserve, hier.

Le maire a condamné les actes de vandalisme et il a annoncé son intention de mieux encadrer la marche du groupuscule qui, bon an mal an, vire à la casse dans les rues du centre-ville.

S'il n'en tient qu'au maire Tremblay, les manifestants devront déterminer à l'avance un trajet et le respecter, afin que les policiers puissent mieux suivre leur progression et éviter les courses folles comme celles qui se sont produites dimanche.

Par contre, le maire n'a pas du tout l'intention d'interdire la manifestation du COBP. «On ne veut pas interdire le droit de manifester et on ne veut pas interdire non plus la liberté d'expression», a-t-il précisé, tout en rappelant que quelque 1700 manifestations annuelles à Montréal se déroulent «généralement dans un calme respectueux de l'environnement».

Le bilan de l'opération semble démontrer que le Service de police de Montral (SPVM) a tiré des leçons des interventions passées. La police avait l'habitude de procéder à des arrestations massives lors de telles manifestations, sans égard à leurs gestes. Cette pratique a été invalidée par les tribunaux et même condamnée par le Haut-Commissariat des droits de l'homme de l'ONU.

Dimance, le SPVM a dressé des constats d'infraction aux règlements municipaux, sur place, pour 189 personnes qui ont été aussitôt relâchées. Quinze personnes ont été arrêtées pour des infractions au Code criminel par voie de sommation, c'est-à-dire qu'elles ont pu garder leur liberté en échange d'une promesse de comparaître à date fixe. Seulement 17 personnes ont donc passé une nuit derrière les verrous avant de comparaître hier.

Un porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, a dit regretter que la manifestation ait mal tourné. Deux policiers ont subi de légères blessures, plusieurs voitures et environ 25 commerces ont été vandalisés. «C'est rendu un festival annuel, une fête où les militants se réunissent pour "varger" sur la police. Il y a ce noyau dur qui veut provoquer la confrontation pour prouver qu'on est brutal», a résumé M. Lafrenière.

Le COBP s'est dit «scandalisé» par le comportement des policiers. Le groupe s'est dissocié des gestes de grabuge, comme chaque année. «De nombreuses initiatives ont été prises tout au long de la manifestation pour prévenir les actes de vandalisme et lancer des appels au calme», affirme le communiqué du COBP.

Avec La Presse canadienne

À voir en vidéo