Propos controversés - Des représentants des communautés culturelles somment Louise Harel de se rétracter

Louise Harel, photographiée lors de ses adieux à la politique provinciale, en octobre 2008, après 27 ans passés à l’Assemblée nationale.
Photo: Jacques Nadeau Louise Harel, photographiée lors de ses adieux à la politique provinciale, en octobre 2008, après 27 ans passés à l’Assemblée nationale.

Des représentants montréalais de diverses communautés culturelles ont demandé hier à l'ex-ministre péquiste Louise Harel de se rétracter à la suite des propos qu'elle a tenus la semaine dernière au sujet des arrondissements montréalais.

Accompagnés du conseiller municipal de Snowdon, Marvin Rotrand, Tony Sciascia, du Congrès national des Italo-canadiens, et l'imam Salam Elmenyawi, président du Conseil musulman de Montréal, ont dénoncé les déclarations faites par Mme Harel lors d'un entretien avec Simon Durivage sur les ondes de RDI mardi dernier. Ils se sont adressés aux médias au nom d'une coalition réunissant des individus et des groupes issus des communautés culturelles de la métropole.

Commentant la proposition du maire de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Cosmo Maciocia, de réduire de 19 à 10 le nombre d'arrondissements à Montréal, Mme Harel a indiqué la semaine dernière qu'une telle restructuration risquait de faire apparaître des enclaves ethniques à Montréal. Estimant que les arrondissements ont déjà trop de pouvoirs, elle disait craindre que Montréal ne se retrouve avec «une ville italienne, une ville haïtienne, une ville anglophone, une ville arabe — Ville Saint-Laurent —, une ville juive, etc.»

Ces paroles ont été fort mal reçues par certains membres des communautés culturelles. «On est déçus qu'une personne comme Mme Harel, que l'on connaît très bien et qui a tellement contribué à la société québécoise, fasse de telles remarques qui nous blessent. On revit encore la même histoire au sujet de deux catégories de citoyens. En 2009, ce n'est plus acceptable», a expliqué Tony Sciascia.

De son côté, l'imam Salam Elmenyawi croit qu'il importe de dénoncer immédiatement ce type de propos. «Ça me rappelle comment a débuté le débat sur les accommodements raisonnables. Il fut dévastateur pour les Québécois parce qu'il avait commencé sur des allégations fausses. [...] Il faut mettre un frein immédiat à tout propos qui sème la division et le sectarisme dans notre société», a-t-il fait valoir.

Les membres de la coalition souhaitent que Mme Harel se rétracte. «Il faut qu'elle nous dise ouvertement et clairement sa pensée sur les communautés culturelles. C'est vraiment décevant parce que la société québécoise est très accueillante et très généreuse», a dit M. Sciascia.

Invitée par Labonté

Le conseiller Marvin Rotrand, membre d'Union Montréal, s'en est pris au chef de Vision Montréal, Benoit Labonté, qui ne s'est pas clairement dissocié des propos de Mme Harel. Rappelons que l'ex-ministre prononcera une allocution au sujet de la gouvernance de la Ville lors du congrès du parti Vision Montréal le 26 avril prochain. M. Labonté a indiqué jeudi dernier que Mme Harel avait été invitée au congrès en raison de son expérience et de son expertise. «Notre parti est ouvert aux débats. Elle viendra au congrès présenter ses idées. Nous verrons par la suite ce que feront les militants avec ces idées», a-t-il dit. Selon lui, le problème avec les arrondissements, ce n'est pas leur nombre, mais les pouvoirs qu'ils détiennent et le sous-financement dans lequel la ville-centre les maintient. La question ethnique n'a rien à voir là-dedans, a-t-il fini par dire.

Pour sa part, Mme Harel n'a pas rappelé Le Devoir hier.

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