Exaspérés, 600 cols bleus ont cessé leur travail durant quelques heures mercredi - Un système de paie désuet expliquerait le retard de Montréal à rémunérer ses employés

La Ville de Montréal attribue au système de paie désuet les retards dans le versement de la rémunération de ses cols bleus. Mais elle se demande encore pourquoi les services centraux n'ont été avisés de la situation qu'au moment du débrayage spontané de ses employés de déneigement, mercredi.

En pleine heure de pointe mercredi après-midi, quelque 600 cols bleus ont mis fin à leurs activités de déneigement dans les neuf arrondissements de l'ancienne Ville de Montréal, les uns pour 30 minutes, les autres pour deux heures. Lors d'une rencontre au Conseil des services essentiels tenue en soirée mercredi, les parties ont convenu de régler le problème dans les plus brefs délais. Dès aujourd'hui, la Ville versera des avances pour la rémunération de ses employés auxiliaires sans salaire depuis la mi-décembre. Quant aux paiement du temps supplémentaire des employés permanents, il sera fait d'ici le 12 février, a promis la Ville.

Mais hier, la Ville cherchait toujours à comprendre ce qui s'était passé. Le directeur des relations professionnelles de la Ville, Jean-Yves Hinse, croit que le système de rémunération, qui implique des transactions papier et des envois postaux, est en cause: «Ce système va être revu puisqu'on est à implanter une nouvelle solution au cours des prochains mois. Cet été, les transactions pourront être faites de façon informatique, directement dans le système de paie, a-t-il expliqué. Actuellement, il y a beaucoup trop de manipulation de papier, ce qui explique probablement ce qui s'est passé.»

«Ce qui ne s'explique pas, c'est comment ça se fait que nous avons été informés au moment même où les gens ont décidé de faire un arrêt de travail», a-t-il poursuivi, précisant que lui-même avait averti à 16h15, alors qu'au même instant, des centaines de cols bleus cessaient de travailler. M. Hinse ignore si la faute doit être attribuée au service des finances ou aux arrondissements.

Des sanctions pourraient être imposées aux cols bleus car la Ville estime qu'il s'agit d'un débrayage illégal en raison du mouvement de concertation. Le président du Syndicat des cols bleus regroupés, Michel Parent, n'est pas de cet avis car l'arrêt de travail est survenu en période de temps supplémentaire. «Ce n'était pas la meilleure idée du siècle, mais ce n'était pas illégal», a-t-il dit.

Plusieurs auxiliaires n'ont pas été payés depuis quatre à six semaines, a rappelé M. Parent. «C'est la troisième année que ça arrive», soutient-il. Selon lui, la gestion des paies a été retardée en raison des congés fériés des cols blancs pendant la période des Fêtes. De semaine en semaine, les cols bleus se sont fait dire que la situation serait corrigée la semaine suivante. Frustrés, ils ont décidé de débrayer mercredi. Michel Parent soutient que dès qu'il a eu vent des intentions des employés, soit vers 15h30, il a avisé la Ville.

Les cols bleus sont sans contrat de travail depuis deux ans, mais les négociations se poursuivent. Le syndicat a déposé une offre globale la semaine dernière et attend une réponse de la Ville.

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