Conseil municipal de Montréal - Des manifestants masqués à l'hôtel de ville

Des manifestants masqués se sont pointés hier soir à l'hôtel de ville, à l'occasion de la séance du conseil municipal, afin de dénoncer l'intention de l'administration de Gérald Tremblay d'adopter un règlement interdisant le port de masques lors de rassemblements.

«Cette mesure est anticonstitutionnelle étant donné que tout individu a la liberté fondamentale de se cacher dans un regroupement et de ne pas dévoiler son identité, sauf en cas d'arrestation bien sûr. Nous trouvons cette mesure absurde», a expliqué Jules Merveille, porte-parole d'un groupe baptisé Gros Bon Sens. Une cinquantaine de jeunes sont entrés dans l'hôtel de ville après avoir pris soin de se découvrir le visage. Nombreux, les policiers ont procédé à l'expulsion de cinq personnes.

L'administration municipale a déposé hier un avis de motion visant à modifier le règlement P-6 sur la prévention des troubles de la paix. L'amendement prévoit l'ajout d'un article interdisant à tout manifestant de se couvrir le visage «sans motif raisonnable» avec un foulard, une cagoule ou un masque.

Le responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Claude Dauphin, a fait valoir que cette nouvelle disposition accorderait aux policiers des outils supplémentaires pour prévenir les actes de violence lors de manifestations. «Ça va prendre deux conditions pour s'appliquer: il faut que la personne participe à une manifestation, mais il faut également que le policier ait des motifs raisonnables de croire que l'individu va commettre un acte répréhensible», a expliqué M. Dauphin.

Une personne qui porte une cagoule par temps glacial, un voile par conviction religieuse ou un masque à l'effigie d'un politicien ne devrait pas être importunée si elle manifeste pacifiquement, assure M. Dauphin, qui reconnaît que les policiers devront exercer leur jugement lorsqu'ils appliqueront ce règlement.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, estime pour sa part que le projet d'amendement porte atteinte aux libertés civiles des Montréalais.

L'adoption du nouveau règlement est prévue pour le mois de février. Quant au projet de sanctionner les insultes proférées par les citoyens à l'endroit des policiers, M. Dauphin a indiqué qu'aucune décision n'avait été prise et que la question ferait l'objet de discussions à la Commission de la sécurité publique.

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