Une taxe rétroactive pour les résidences touristiques

Des propriétaires de résidences touristiques n'en reviennent pas encore des comptes de taxes qu'ils ont reçus de la Ville de Montréal en octobre dernier. Appliquée rétroactivement pour les années 2007 et 2008, cette taxe inattendue ne tient pas compte de la précarité financière de leurs entreprises, disent-ils.

Propriétaire d'une résidence touristique dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, Denis Boulianne a reçu une facture de 4400 $ l'automne dernier. Sa collègue Sandrine Rhodius, qui loue des appartements aux touristes dans le Plateau Mont-Royal, a reçu un compte de 18 000 $. En colère, ils se sont adressés au maire hier soir lors de la séance du conseil municipal, reprochant à son administration sa manière de procéder.

Ces résidences pour touristes, qui comptent cinq unités et moins, ont toujours été taxées selon le taux appliqué aux immeubles résidentiels. Ayant reçu l'an dernier du ministère du Tourisme la liste des résidences pour touristes présentes sur son territoire, la Ville a décidé d'appliquer la Loi sur la fiscalité municipale et d'imposer une taxe liée aux activités commerciales de ces résidences.

Le maire Tremblay, qui avait été interpellé samedi dernier par M. Boulianne lors de la Fête des neiges, a affirmé hier soir qu'il entendait discuter de la question avec le président du comité exécutif, Claude Dauphin, afin de «prendre une décision dans les plus brefs délais».

Denis Boulianne estime légitime que la Ville veuille taxer les résidences touristiques, mais il s'insurge contre l'application rétroactive d'une taxe. Du reste, il croit qu'un montant forfaitaire serait mieux adapté à la réalité de ces petits entrepreneurs.

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