Remaniement - L'hiver aura eu raison du responsable du déneigement

Le maire Gérald Tremblay met une main sur l’épaule de son frère Marcel à qui il vient de retirer la responsabilité du déneigement.
Photo: Jacques Nadeau Le maire Gérald Tremblay met une main sur l’épaule de son frère Marcel à qui il vient de retirer la responsabilité du déneigement.

En prévision des élections municipales de novembre prochain, le maire Gérald Tremblay a remanié hier son comité exécutif. Il a retiré à son frère Marcel Tremblay, devenu l'une des cibles favorites des caricaturistes, la responsabilité du déneigement et de la propreté pour confier ce dossier à un nouveau venu au comité exécutif, le maire de l'arrondissement d'Anjou, Luis Miranda. Trois autres élus accèdent d'ailleurs au club sélect du comité exécutif, soit Mary Deros, Catherine Sévigny et Michael Applebaum.

Dans l'esprit du maire Tremblay, Marcel Tremblay n'a pas subi de rétrogradation. «Marcel a fait un travail remarquable au cours des dernières années pour les services aux citoyens. J'ai eu des discussions avec Marcel, et il voulait consacrer plus d'énergie aux communautés d'origines diverses ainsi qu'aux communications de la Ville», a expliqué le maire hier, à l'occasion d'une conférence de presse à l'hôtel de ville.

Marcel Tremblay conservera le dossier des communautés culturelles et c'est lui qui aura pour mandat de préparer le terrain pour les fêtes du 375e anniversaire de Montréal en 2017.

Régulièrement sous les feux des projecteurs depuis le début de l'hiver en raison du mécontentement de la population à l'égard du déneigement, Marcel Tremblay s'est rendu célèbre grâce à sa façon bien personnelle de défendre les stratégies de la Ville. Il y a trois semaines, il avait suggéré aux Montréalais de se munir de crampons pour se déplacer sur les trottoirs glacés de la métropole. Hier, il n'a pas semblé se formaliser de la décision du maire: «J'ai une relation privilégiée avec mon frère depuis 65 ans. Nous sommes de grands amis. Il m'a dit: "Marcel, est-ce que ça te tente de faire autre chose?" J'ai dit: "Avec plaisir, Gérald"», a-t-il expliqué.

C'est Luis Miranda qui deviendra le nouvel «homme des neiges» de l'Hôtel de Ville en héritant du dossier des services aux citoyens. Il gérera également le dossier du développement économique, une responsabilité assumée jusque-là par Alan DeSousa.

Maire d'Anjou depuis 1997, Luis Miranda faisait partie de l'équipe de Gérald Tremblay en 2001, à l'occasion des fusions municipales. Deux ans plus tard, il avait quitté les rangs d'Union Montréal pour finalement rentrer au bercail l'an dernier. Ses nouvelles fonctions représentent une importante promotion pour lui. Apôtre de la décentralisation des services, M. Miranda entend travailler étroitement avec les arrondissements, mais il prévient que certains arrondissements devront «se prendre en mains» afin d'améliorer leurs services de déneigement plutôt que de se plaindre de sous-financement.

En plus d'assumer la présidence du comité exécutif et de gérer le dossier de la sécurité publique, Claude Dauphin prend les rênes du comité Montréal 2025. Le maire de l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, André Lavallée, déjà responsable du Plan de transport, devient vice-président du comité exécutif, un titre que détient aussi son collègue Sammy Forcillo, qui conserve le dossier des finances.

La conseillère de Parc-Extension et ex-transfuge de Vision Montréal, Mary Deros, obtient la responsabilité du développement social et communautaire. Elle remplace à ces fonctions la mairesse de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, Marie-Andrée Beaudoin. Mme Beaudoin ayant annoncé qu'elle ne solliciterait pas un autre mandat lors des élections municipales de novembre, le maire a jugé plus approprié de la remplacer au comité exécutif. La mairesse fait toutefois l'objet de critiques soutenues dans son arrondissement en raison, notamment, du controversé déménagement de la mairie l'an dernier.

Même si le développement économique et le comité Montréal 2025 lui échappent, Alan DeSousa conserve le développement durable et de l'environnement. Pour sa part, sa collègue Helen Fotopulos continuera de s'occuper du parc du Mont-Royal et de la condition féminine.

Parmi les nouveaux venus, Catherine Sévigny s'occupera de la culture, et Michael Applebaum des sports et des loisirs. Quant au maire Tremblay, il gardera la mainmise sur les dossiers du centre-ville, de la démocratie et des relations internationales.

À la tête du conseil d'administration de la Société de transport de Montréal, Claude Trudel cède sa place au conseiller Michel Labrecque, l'un des fondateurs de Vélo-Québec. De son côté, le maire de l'arrondissement de Saint-Léonard, Michel Bissonnet, occupera le poste de maire suppléant.

Le chef de l'opposition, Benoit Labonté, s'est dit peu impressionné par le jeu de chaises musicales effectué dans le camp adverse. L'administration Tremblay a raté l'occasion «d'imprégner un virage XXIe siècle à Montréal», a-t-il indiqué. Il a reproché au maire d'avoir scindé les dossiers économiques en trois et de n'avoir nommé que trois femmes au comité exécutif qui compte douze élus. Il a été particulièrement lapidaire à l'endroit de Marcel Tremblay et de Luis Miranda qu'il a qualifié de «matériel recyclé.»

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