Huntingdon - Stéphane Gendron accusé de harcèlement par une conseillère

Le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, fera face «dans quelques semaines» à des accusations de harcèlement de nature criminelle, a indiqué hier le criminaliste Jean-Pierre Rancourt.

M. Gendron a notamment refusé de rédiger une lettre d'excuses officielles et de verser

75 000 $ des deniers publics à la conseillère municipale plaignante, Tonya Welburn, qui s'est gardée d'expliquer en détail au Devoir les gestes qu'elle reproche à M. Gendron. «Cela fait

18 mois que j'endure le harcèlement. Il faut que ça arrête», a dit Mme Welburn. «Ça devient de pire en pire. Lui, il pense qu'il est intouchable.»

À quatre reprises, Tonya Welburn aurait prié ses collègues au conseil municipal de l'«aider». «Ils font rien. Pire, des conseillers riaient pendant que ça arrivait, a-t-elle dit. La preuve que j'ai, elle est solide. C'est vraiment solide.»

Stéphane Gendron a balayé du revers de la main les accusations de harcèlement formulées à son endroit par Mme Welburn. «Elle souffre de la maladie du harcèlement, a-t-il dit. Nous lui demandons d'arrêter d'ameuter la population et de nuire aux intérêts de la Ville.»

«C'est de la niaiserie. Ce n'est pas sérieux. À peu près sept, huit filles travaillent pour nous et il n'y a jamais eu un problème», a affirmé le conseiller Joffre L'Heureux Jr, qui a préféré ne pas commenter plus amplement la situation. Même son de cloche du côté du conseiller Claude Racine. «J'ai jamais vu Stéphane regarder la conseillère de travers. Je ne l'ai jamais entendu dire des choses [répréhensibles].»

M. Gendron bénéficie de l'appui des employés et des conseillers municipaux, exception faite du père de Mme Welburn et conseiller de Hundingdon, Howard Welburn. La directrice générale, Colette Arsenault, se désole que les efforts de relance économique de la municipalité soient une fois de plus mis de côté, le temps de gérer un nouvel épisode de la «vendetta politique» que mèneraient l'ancien député provincial André Chenail et l'ancien directeur général d'Huntingdon, Christian Genest — qui est par ailleurs le conjoint de Tonia Welburn —, à l'égard de Stéphane Gendron. «C'est vraiment hypothéquer la relance de la Ville. Je trouve cela malheureux. Il y a des conseillers qui sont ici pour travailler afin que la Ville s'en sorte, alors que Mme Welburn, les seuls dossiers qu'elle a menés à la Ville d'Huntingdon, ce sont ses intérêts personnels, a affirmé Mme Arsenault. Cela ne faisait pas deux semaines qu'elle était ici et elle voulait que je suspende le chef pompier parce qu'il ne l'avait pas saluée dans la rue.»

La Ville de Huntingdon défraie les coûts de la défense de M. Gendron. Quelque 10 000 $ en honoraires d'avocats ont été dépensés à ce jour, selon la directrice générale de la Ville, Colette Arsenault. «Le conseil vient juste de lui donner la permission de me harceler comme il le veut», a lancé Mme Welburn. La préposée aux bénéficiaires envisage la possibilité de porter plainte contre d'autres élus et/ou fonctionnaires municipaux. «Ma réputation, que j'ai bâtie depuis 35 ans, je ne suis pas prête à la lancer par la fenêtre», a-t-elle dit.

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