Changement de zonage en pleine nuit

Le chef de l'opposition à la Ville de Montréal, Pierre Bourque, s'est demandé hier ce que l'administration Tremblay cherchait à cacher en faisant adopter sous le coup du bâillon, à 4h40 du matin, dans la nuit de mardi à mercredi, un changement de zonage qui autorise la construction de 500 condos dans la plaine inondable de Pierrefonds, dans un des derniers boisés de valeur de l'ouest de l'île.

Ces terrains, situés face aux spectaculaires rapides du Cheval Blanc, auraient pu devenir un des plus beaux parcs de Montréal. Ils ont fait l'objet d'une dérogation en vertu de l'entente fédérale-provinciale sur les plaines inondables, ce qui permet de les développer. Mais, selon Pierre Bourque, leur valeur écologique leur valait plutôt d'être protégés, voire acquis à des fins de conservation et de mise en valeur publique.


L'ancien maire, sous la foi de documents que lui ont remis des citoyens du secteur opposés au projet, affirme que ces terrains ont été régulièrement inondés au cours des dernières années. Le projet domiciliaire serait situé dans ce qu'il est convenu d'appeler la zone d'inondation à récurrence 20-100 ans.


Cet espace vert, ajoute Pierre Bourque, est répertorié dans l'Atlas des boisés de Montréal en plus d'être «la dernière fenêtre sur la rivière dont disposent les citoyens de Pierrefonds». Quelque 800 d'entre eux ont d'ailleurs signé une pétition pour sauver le boisé, mais en vain.


Le dossier devra désormais passer par la nouvelle commission de consultation publique, où il pourrait donner lieu à un débat sérieux, selon la crédibilité des travaux qui vont s'amorcer à ce niveau. M. Bourque avait dissous l'ancien Office de consultation de Montréal et sa commission de l'aménagement était devenue le classique à éviter dans ce domaine.