Les bibliothèques de l'ouest de l'île sont à la page

On observe une grande disparité en matière de services offerts et d'heures d'ouverture des diverses bibliothèques de la Ville de Montréal. C'est ce qui explique qu'un nombre important d'usagers se soient dirigés vers l'ouest de l'île dès que la loi sur les fusions municipales l'a permis, en janvier dernier.

Et c'est aussi ce que démontrent les statistiques compilées par le comité de vigie des bibliothèques de Montréal, rendues publiques hier.


Ceci a pour conséquence qu'entre janvier et avril 2002, la bibliothèque de Westmount, bien pourvue, a enregistré une hausse de 89,8 % de l'affluence de la clientèle extérieure à l'arrondissement. Cette hausse s'explique aussi du fait qu'on trouve peu d'autres bibliothèques dans les environs immédiats de Westmount. L'organisme a d'ailleurs interrompu les nouvelles inscriptions entre le 25 mars et le 26 avril 2002.


Parallèlement, les bibliothèques de Pointe-Claire, du Mile-End, de Dorval, de Côte-Saint-Luc, de Kirkland et de Pierrefonds ont aussi enregistré une hausse de l'affluence variant entre 62,6 et 53 %.


Ces données font la preuve que les services offerts par les bibliothèques de l'ouest de l'île sont nettement supérieurs à ceux qu'on retrouve dans l'est. Cette tendance met donc l'accent sur les iniquités entre les équipements culturels de l'ouest et de l'est de l'île.


En conférence de presse hier, la directrice de la Bibliothèque de Montréal, Louise Labory, a expliqué que les usagers peuvent être attirés par certains types de collections disponibles seulement dans certaines bibliothèques.


C'est notamment le cas de la bibliothèque du Mile-End, qui offre des services multilingues et qui a connu une augmentation de 58 % de son affluence entre janvier et avril 2002.


Au même moment, certaines bibliothèques ont vu leur affluence baisser. C'est notamment le cas des bibliothèques Marie-Uguay, Hochelaga, Roxboro et Sainte-Anne-de-Bellevue.


Le comité de vigie des bibliothèques n'a pas encore établi les recommandations qu'il entend faire pour pallier la hausse de l'affluence dans certaines bibliothèques de Montréal. À court terme, a expliqué Mme Labory, les bibliothèques de la nouvelle ville de Montréal pourraient s'associer à des bibliothèques privées afin d'offrir un meilleur service aux usagers.


La Ville exploite également un Bibliobus, une sorte de bibliothèque ambulante, pour rejoindre les secteurs démunis.


En effet, dans l'ensemble, la carte des régions de Montréal indique que certains secteurs ne sont tout simplement pas desservis par des bibliothèques. «Il y a des trous noirs en matière de bibliothèques à Montréal», fait remarquer Mme Labory. À moyen terme, la solution pourrait donc passer par l'ouverture de nouvelles bibliothèques, bien pourvues en services et en livres. Mise au fait de ces données, la conseillère municipale chargée du dossier de la culture, du patrimoine et des communautés culturelles, Helen Fotopulos, doit présenter des pistes de solutions dans ce dossier au Sommet de Montréal, la semaine prochaine.