Projet Montréal livre sa vision d'un futur tramway

Voilà de quoi pourrait avoir l’air l’avenue du Mont-Royal si le tramway y circulait. Il s’agit de l’un des deux scénarios élaborés par Projet Montréal pour cette artère commerciale. Sur cette image, les automobilistes disposent d’une voie
Photo: Voilà de quoi pourrait avoir l’air l’avenue du Mont-Royal si le tramway y circulait. Il s’agit de l’un des deux scénarios élaborés par Projet Montréal pour cette artère commerciale. Sur cette image, les automobilistes disposent d’une voie

Richard Bergeron a une idée bien précise du tramway qu'il rêve d'implanter à Montréal. À un an du scrutin municipal, le chef de Projet Montréal a donné hier un aperçu des circuits de tramway qui se déploieront dans la métropole en 2012 s'il est élu à la mairie.

Pendant son premier mandat, une administration de Projet Montréal aménagerait un réseau d'au moins 25 kilomètres de tramway en site propre sur le territoire de la métropole, un investissement que Richard Bergeron estime à un milliard de dollars.

Le tramway était au coeur de la plate-forme électorale de Projet Montréal en 2005 et il le sera encore l'an prochain. Et c'est un sujet que connaît bien M. Bergeron, qui est urbaniste et architecte de formation. Cette fois, M. Bergeron s'est attardé à l'insertion des tramways dans le paysage montréalais en examinant trois artères choisies: le boulevard René-Lévesque, l'avenue du Mont-Royal et la rue Notre-Dame Est. Images à l'appui, M. Bergeron a présenté hier aux journalistes la nouvelle configuration de ces artères dotées de voies de tramway.

Ce mode de transport est d'ailleurs au coeur du plan de transport de l'administration Tremblay, qui a récemment commandé une étude visant à examiner l'implantation du réseau initial de tramway au centre-ville de Montréal. Mais M. Bergeron a procédé à sa propre analyse.

D'entrée de jeu, il insiste sur l'importance de réduire l'espace dévolu à la circulation automobile — un concept hérité des années 50, alors que la voiture était reine — au profit des transports collectifs et actifs. Ainsi, sur René-Lévesque, il suggère l'aménagement d'une voie de tramway en bordure du trottoir, de part et d'autre du boulevard, et non au centre de l'artère, comme le suggérait l'Agence métropolitaine de transport en 2004. Les automobilistes ne disposeraient que de deux voies dans chaque direction, au lieu de quatre à l'heure actuelle.

Sur l'avenue du Mont-Royal, Projet Montréal a élaboré deux scénarios. Plus conservateur, le premier prévoit, outre les deux voies de tramway, une voie de circulation automobile en sens unique ainsi que des stationnements en bordure de rue. «J'ai mis de l'eau dans mon vin», soutient M. Bergeron, qui préfère de loin le deuxième scénario, dans lequel l'automobile disparaît du paysage pour laisser toute la place au tramway et aux piétons.

Richard Bergeron estime que la Ville serait en mesure de financer ces premiers 25 kilomètres sans l'aide de Québec. Montréal dépense déjà des sommes considérables dans la réfection de la chaussée et des infrastructures souterraines. L'ajout de 15 millions de dollars par kilomètre permettrait d'implanter aussi le tramway, avance-t-il: «Les finances de Montréal sont loin d'être mauvaises. S'il fallait attendre l'accord des deux autres ordres de gouvernement avant de bouger, on ne serait pas près de bouger.»

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