Clôture du 400e anniversaire de Québec en France

Paris — Inaugurées en mai par la visite controversée de la gouverneure générale, Michaëlle Jean, à La Rochelle, les festivités du 400e anniversaire de Québec en France se sont achevées hier sur un ton plus consensuel. Pour clore la multitude d'événements qui se sont déroulés un peu partout dans l'Hexagone, l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin et la Délégation générale du Québec avaient un peu moins de 200 personnes au petit cinéma Le Balzac, près des Champs-Élysées. En plus des discours habituels, les invités ont eu droit à une avant-première du nouveau film de Robert Ménard, Le Bonheur de Pierre, une comédie un peu lourde mettant en vedette Pierre Richard et Rémi Girard.

Retenue par la campagne électorale québécoise, la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, s'est adressée à la salle par vidéo de même que le ministre de la Francophonie, Alain Joyandet, retenu quant à lui à Doha. De passage en Europe, le ministre démissionnaire Benoît Pelletier était de la fête. Le maire de Québec, Régis Labeaume, avait de son côté annulé sa visite en France pour cause de négociations syndicales.

Plus tôt dans la journée, les organisateurs avaient dressé un bilan plus que positif des centaines de manifestations qui se sont déroulées en France. Selon la commissaire générale française, Chantal Moreno, la France a consacré à cette participation environ 15 millions d'euros (23 millions de dollars). Cela inclut l'aménagement des espaces publics du Centre de la Francophonie des Amériques, inauguré à Québec par Nicolas Sarkozy, ainsi qu'une vingtaine de grands projets, comme l'exposition Le Louvre à Québec, celle du Musée du quai Branly, Regard sur la diversité culturelle, la Fête du cinéma français et le grand spectacle du 24 août dernier sur les plaines d'Abraham qui a rassemblé des artistes français et québécois.

En France, où le drapeau québécois a flotté sur de nombreuses mairies, les organisateurs ont recensé plus de 200 manifestations, petites et grandes. «C'est avec le coeur que toutes ces opérations ont été montées», dit Chantal Moreno qui rappelle que 13 régions ont pris la peine de constituer des comités spécifiques afin de participer à ces festivités. Toutes les grandes villes ont aussi organisé des événements, comme l'illumination de la tour Eiffel aux couleurs du Québec à Paris. La commissaire française est particulièrement fière de la réponse des entreprises, dont 1300 ont participé, à Québec, au forum Futurallia réunissant des petites et moyennes entreprises françaises et québécoises. «On voit déjà apparaître des événements en 2009 et 2010 qui vont être le résultat des petites graines plantées par le 400e», dit-elle.

«Pas de chipotage!»

Même satisfaction du côté du directeur général de la Société du 400e qui était à Paris pour l'occasion. Daniel Gélinas prétend ne pas avoir vraiment prêté attention à la polémique qui a entouré le lancement des fêtes par Michaëlle Jean à La Rochelle (au lieu du premier ministre Jean Charest) ou à l'erreur du magazine Paris Match qui croyait célébrer le 400e anniversaire du Québec et non pas de Québec.

«Au 300e anniversaire, on parlait plus de la présence britannique, dit-il. Aujourd'hui, c'est la France et je suis content de cela. C'est eux qui ont fondé la Nouvelle-France.» Daniel Gélinas souligne la circulation sans précédent de politiciens français à Québec cette année: président, premier ministre, présidents de régions, députés, sénateurs et maires.

Il n'exprime pas «de déception» à la suite du passage en coup de vent du président Nicolas Sarkozy qui, au lieu des trois jours prévus, n'est demeuré que 26 heures à Québec. Même son de cloche de Chantal Moreno qui juge que la présence en même temps à Québec du président Nicolas Sarkozy et de son premier ministre François Fillon (qui a remplacé le président au Sommet de la Francophonie) est exceptionnelle. À propos des médias québécois qui ont tous souligné la brièveté de la visite présidentielle, Chantal Moreno se dit d'ailleurs «dépassée par le débat québéco-québécois. [...] Nous avons du mal à comprendre cette réaction».

Personne n'a souhaité revenir sur la déclaration pourtant très remarquée du président à la Citadelle de Québec en faveur de l'unité canadienne. Parlant du Canada, Nicolas Sarkozy avait alors déclaré que le monde n'avait «pas besoin d'une division de plus». Philippe Péjo, conseiller du secrétaire d'État à la Francophonie Alain Joyandet, s'est contenté de reprendre les mots prononcés par ce dernier en octobre à Québec: «Pas de chipotage!»

Correspondant du Devoir à Paris

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