Négociations à la Ville de Québec

Québec — Au lendemain d'une bruyante manifestation syndicale, le maire de Québec a cherché à se montrer ferme à l'endroit des syndicats, tout en leur laissant la possibilité d'éviter des pertes de salaires d'ici au dépôt du budget.

Devant la meute de journalistes réunis à l'hôtel de ville, Régis Labeaume a dit qu'il n'avait «plus d'espoir de signer des conventions collectives avec les syndicats sur les bases de [ses] offres initiales».

À défaut d'une ouverture avant minuit la veille, il avait menacé ces derniers d'annuler des hausses de salaires. Mais cela n'a pas fait peur aux syndiqués qui, après avoir voté massivement contre l'ultimatum en assemblée générale, se sont rendus par centaines devant l'hôtel de ville, lundi soir, pour se moquer de cette stratégie.

Hier matin, le maire a fait savoir que les hausses salariales de 2 % (l'équivalent de 14 millions) seraient retenues pour présenter «un budget responsable» parce que les syndiqués ne répondaient pas à ses demandes au chapitre des congés de maladie et des régimes de retraite.

Devant l'apparente impasse dans les négociations, l'hypothèse d'une grève semble de plus en plus probable. «Les syndicats ont annoncé qu'ils mettraient en place des moyens de pression et qu'ils pourraient éventuellement recourir à la grève. Nous vivons en démocratie, et ces droits existent», a rappelé le maire avant de sommer les employés de respecter les lois du travail et les services essentiels. La veille, le porte-parole des cols blancs, Jean Gagnon, s'était dit prêt à s'engager dans un conflit d'un an, voire deux.

Mais étant donné que les deux parties ont entrepris de négocier sur la place publique, des ouvertures pourraient se dissimuler derrière cette apparente fermeté. Ainsi, le syndicat des cols blancs a fait savoir qu'il soumettrait aujourd'hui à la Ville une proposition «finale et globale». De son côté, le maire a indirectement prolongé son ultimatum en permettant aux syndicats de faire des offres d'ici au dépôt du budget le 15 décembre.

La réduction de la masse salariale à la Ville de Québec a été un enjeu central des dernières élections municipales, et le maire ne manque pas une occasion de souligner que la population le soutient dans cette aventure. Même le chef de l'opposition, Alain Loubier, est d'accord avec lui sur le fond. «Le diagnostic de M. Labeaume, il est bon. Il faut freiner à un moment donné l'augmentation de la masse salariale», a-t-il déclaré hier avant de s'en prendre aux façons de faire du maire. «Le maire aurait tout intérêt à apprendre à se maîtriser davantage et à cesser de se comporter comme un chat de ruelle», a-t-il dit.

Encore hier, Régis Labeaume a dû s'excuser publiquement à l'endroit d'un élu de l'opposition qui l'avait invité «à prendre son médicament» durant une séance du conseil. Pensant ne pas être entendu, le maire avait rétorqué en chuchotant trop près d'un micro qu'il allait lui en «câlisser une dans le front (sic)».

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