Négociations entre l'administration municipale et ses employés - La tension monte d'un cran à Québec

Québec — À la veille de son premier anniversaire comme maire de Québec, Régis Labeaume a reçu hier la bruyante visite de centaines de syndiqués échaudés par ce qu'ils disent être de la provocation du maire et résolus à préserver leurs acquis.

«Ce n'est pas compliqué, notre plus grand mobilisateur, c'est M. Labeaume», résumait hier le porte-parole des cols bleus, Réjean Rochette, alors que des centaines de syndiqués affluaient devant l'hôtel de ville avec des pancartes sur lesquelles on traitait le maire de tous les noms. «Le message est clair, on ne marchera pas sur la menace. À toutes les semaines, c'est la confrontation, il nous traite de fourreurs de système!»

Sirènes, musique de Noël, tout un arsenal sonore avait été déployé devant les fenêtres de la salle du conseil municipal afin d'enterrer les interventions des élus. Les syndiqués — des cols bleus et blancs pour la plupart — réagissaient à la fin de l'ultimatum imposé par le maire pour les ramener à la table de négociation.

À défaut d'une ouverture avant minuit hier soir, ce dernier menaçait d'annuler des hausses de salaires déjà prévues pour les années 2007-08 et 2008-09. Or les syndiqués ont voté massivement contre cet ultimatum, et des piquets de grève temporaires ont fait leur apparition hier matin.

Selon le porte-parole des cols blancs, Jean Gagnon, il n'y aura pas de moyens de pression «tous les jours», mais ces derniers vont aller en s'accentuant à compter de maintenant. À défaut d'une percée dans les négociations avec le maire, il assure que les syndiqués sont prêts à se battre pour leurs conditions de travail «pendant un ou deux ans».

Malgré le ton agressif adopté par les deux parties, une percée dans les négociations ne semble toutefois pas impossible puisque les cols blancs comptent soumettre une proposition «finale» à la Ville dès demain. «On est rendus dans un combat de ti-coqs, si personne ne montre de la bonne volonté, le conflit va s'envenimer», a déclaré au Devoir M. Gagnon qui représente 2000 cols blancs, soit environ le tiers de l'ensemble des salariés de la Ville. «C'est une proposition raisonnable qui va tenir compte d'une partie de ce que la Ville veut», a-t-il ajouté en insistant sur le fait qu'il rendrait l'offre publique en cas de refus de la Ville.

La population verra bien, dit-il, si les syndicats sont aussi gâtés que le prétend le maire. Impossible toutefois de savoir si les concessions portent sur les régimes de retraite ou les congés de maladie, les deux enjeux auxquels l'administration Labeaume donne priorité.

Or, le groupe d'employés qui semblait le plus près d'un compromis avec la Ville jusqu'à présent — les professionnels — a vu sa dernière proposition refusée. «Ce groupe-là était disponible pour négocier et semble-t-il qu'ils n'ont pas reçu de retour d'appel de la partie patronale», a réagi hier le chef de l'opposition, Alain Loubier qui critique «le style kamikaze» adopté par le maire dans les négociations.

«On a vu M. Labeaume assis sur une poudrière jouer avec des allumettes au cours des dernières semaines, des derniers mois. Ce n'est pas surprenant qu'il y ait des étincelles.»

Réservant ses commentaires pour ce matin, le maire s'est contenté de dire hier qu'il était d'abord «solidaire avec la famille moyenne de Québec qui tire le diable par la queue».

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