Éolien: les municipalités veulent de nouvelles règles du jeu

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) a demandé hier à Québec de revoir le décret autorisant deux blocs d'énergie éolienne de 250 MW au profit des communautés locales parce que le prix plafond de 9,5 cents du kilowatt-heure (kWh) allait bloquer plusieurs projets.

Selon la FQM, plusieurs petits projets communautaires de moins de 25 MW — soit la taille limite imposée aux projets des communautés blanches et autochtones — ne peuvent pas rivaliser avec les grands projets éoliens qui se sont qualifiés dans le grand appel d'offres de 2000 MW en raison des économies d'échelle que leur taille autorisait. La FQM affirme même que d'ailleurs, malgré leur taille plus importante, plusieurs grands projets privés affichaient des prix supérieurs aux 9,5 cents qu'on exige maintenant des petits projets.

La Fédération interpelle aussi les partis politiques en lice dans la présente élection pour qu'ils se prononcent sur les paramètres de ce bloc d'énergie et ses conditions de réalisation, imposées par un décret publié dans la Gazette officielle avant hier.

Dans les quatre décrets adoptés, Québec définit les conditions qui vont orienter le choix des projets qui lui seront soumis. Le gouvernement Charest a ainsi réservé un «bloc» d'énergie éolienne de 250 MW aux communautés autochtones du Québec et un bloc identique à l'ensemble des communautés blanches.

Selon les décrets, les soumissions qui dépasseront les 9,5 cents ne seront pas admissibles, mais ce prix ne comprend pas l'équilibrage ou, en d'autres mots, le stockage de cette énergie intermittente dans les barrages d'Hydro-Québec, ni les coûts de transport. Les projets soumis ne devront pas dépasser 25 MW et devront être contrôlés par les autochtones, les MRC, les municipalités, les coopératives ou même des corporations privées, composées d'actionnaires du milieu. Le degré de vocation et de contrôle communautaire déterminera les chances d'être choisi, ainsi que le niveau de retombées économiques à la fois pour la région d'accueil et les régions de Matane-Gaspésie, où Québec veut privilégier les entrepreneurs en éolien déjà installés afin de consolider leurs entreprises.
5 commentaires
  • Jacques Lafond - Inscrit 14 novembre 2008 10 h 17

    Moratoire sur l'éolien

    Un moratoire sur l'éolien devient essentiel et urgent au Québec. Il faut stopper immédiatement toute nouvelle construction d'éolienne. Il y a un sacré ménage à faire dans toute cette histoire d'éolienne.

    Avant de massacrer nos paysages au Québec, à grande échelle avec ces immenses poteaux de fer, le Québec doit savoir ou il s'en va avec toute cette affaire. Combien ça coute, est-ce vraiment rentable, qui empoche l'argent, est-ce vraiment efficace, etc., etc.

    Le Québec doit avoir un plan d'ensemble national précis, et doit être certain de l'efficacité et de la rentabilité du système éolien. Un moratoire immédiat est nécessaire.

    On ne peux pas laisser pousser sauvagement ses immenses poteaux sur notre territoire ...

  • Frederic Fradette - Inscrit 14 novembre 2008 13 h 10

    p'tit peuple, p'tit pays

    Encore une fois les Québécois vont se faire marcher sur le dos par les grandes entreprises. En plus, de privatiser une partie de notre électricité, le gouvernement a totalement manqué le bâteau dans le secteur éolien. Lorsque René Lévesque était le ministre en charge d'Hydro-Québec il a insisté pour que le travail soit fait par des Québécois et qu'ainsi se développe une expertise québécoise dans ce domaine. Pourquoi n'avont nous pas développé aujourd'hui une expertise dans le secteur éolien en développant la technologie chez nous et pour nous. Cette expertise aurait été un atout très intéressant dans le contexte mondiale actuel. Malheureusement, encore une fois, on a tout laissé à l'entreprise privée et les retombés et les bénéfices que l'on aurait pu avoir sont parties en fumée. Au final, il nous reste quelques miettes seulement.

  • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 14 novembre 2008 22 h 47

    Un vrai plan éolien

    En rapport avec les éoliennes.
    Si Khalil Gibran a pu écrire que nos enfants ne sont pas nos enfants, on peut dire que la terre d'un habitant n'appartient pas à l'habitant. Il n'en est que le dépositaire, et il doit tenir compte de ses voisins immédiats et plus lointains.

    En confiant maintenant le développement de l'éolien au secteur privé plutôt qu'à Hydro-Québec, on s'apercevra dans 20 ans que l'on a bradé une mine d'or pour un plat de lentilles.

    Imaginez où en serait le Québec si l'énergie hydro-électrique n'avait pas été nationalisée! Les tarifs d'électricité seraient le double de ceux que nous avons présentement, et les milliards de profit d'Hydro-Québec qui nous appartiennent seraient plutôt dans les poches de grosses compagnies privées.

    Il faut que le Québec développe au maximum l'énergie éolienne sur son territoire, en complémentarité avec l'énergie hydro-électrique, en respectant la population et les paysages. Le vent étant une richesse collective, c'est Hydro-Québec qui devrait développer l'énergie éolienne sans laisser filer les profits à l'entreprise privée.

    Nous avons déjà en place l'infra-structure du réseau de tranport d'énergie électrique à haute tension d'Hydro-Québec; il s'agit d'y greffer l'énergie du vent. Il y a du vent en abondance dans les régions non habitées près des barrages et des lignes de transport existantes, de même que dans les eaux du golfe St-Laurent. C'est de ces côtés qu'il faudrait aller pour implanter les éoliennes plutôt que de défigurer nos villages et nos paysages.

    Nous avons cette richesse du vent. Pourquoi la laisser en jachère dans les espaces non habités et la brader au secteur privé dans les paysages autour de nos villages?

    Un autre aspect:
    Le Québec n'a jamais reçu un sou du fédéral pour développer l'énergie hydro-électrique au Québec, alors que les riches compagnies pétrolières de l'Alberta ont reçu, et continuent de recevoir, des centaines de millions de dollars d'Ottawa chaque année pour tirer du pétrole des sables bitumineux.

    Et l'Ontario n'est pas en reste, le fédéral y ayant dépensé dans le dernier demi-siècle des milliards de dollars pour la filière énergétique nucléaire concentrée dans cette province.

    Quand est-ce que le fédéral va subventionner le Québec pour les éoliennes? L'Ontario l'a été pour l'énergie atomique, l'Ouest et Terre-Neuve pour le pétrole, mais rien pour l'Hydro-Québec.

  • Claude Rompré - Inscrit 14 novembre 2008 23 h 20

    Eolien communautaire sauvage? N'importe quoi!

    Franchement, la tendance qu'on certaines personnes a tout mettre dans le meme panier est aberrante.

    La critique face aux deux premiers appels d'offre pour le developpement de l'energie eolienne avait deux facettes a mon avis amplement justifiees:

    1. Elle laissait a des entrepreuneurs inexperimentes et bien souvent (mais pas toujours) etrangers un travail (celui de promoteur) et des profits (importants) qu'Hydro Quebec Production aurait tres bien pu empocher puisqu'il avait l'expertise et les moyens financiers et qu'Hydro Quebec Distribution grarantis l'achat du MW a prix fixe. C'etait encore un bel exemple des derives du capitalisme comtemporain: Socialisation des couts et privatisation des profits.

    2. Les appels d'offres permettaient a des centaines d'avocats, de financiers et de promoteurs a se lancer sur des communautes qui n'etaient malheureusement pas preparees a subit un tel choc. Il en a resulte beaucoup de confusion, de cafouillage et d'erreur.

    Cela dit, l'eolien communautaire est totalement different. Les localites elles-memes prennent en main leur avenir et s'enrichissent collectivement. C'est une excellente initiative. Malheureusement, en imposant des couts aussi bas, le gouvernement va obliger les municipalites a s'associer avec les corporations derrieres les mega-projets en cours pour rester competitives. Les vrais initives communautaires qui bourgeonnent deja en Gaspesie et au Bas-St-Laurent seront encore une fois deposseder des leviers de leur developpement.

    Voila le veritable probleme.

  • Frederic Cote - Inscrit 21 juin 2010 09 h 30

    Méconnaissance et demi-vérités

    Bien des choses qui se disent et s'écrivent sur le développement éolien québécois sont basés sur des inexactitudes et la position ici rapportée de la FQM n'y fait pas exception. Le prix plafond pour l'actuel appel d'offres n'est pas 9,5 cents du kWh mais bien 12,5 du kWh.

    La documentation relative à cet l'appel d'offres est publique et facilement accessible sur le site web de Hydro-Québec:

    http://www.hydroquebec.com/distribution/fr/marcheq

    La question du prix est traitée à la page 9 du document d'appel d'offres:
    "Le prix plafond en vigueur le 1er mai 2009 est fixé à 12,5 ¢/kWh en dollars de 2009, indexé annuellement à 100% à l'indice des prix à la consommation (IPC)."