Développement économique - Montréal sera internationale, ou ne sera pas

Établir une Cité étudiante internationale, comme faire de la ville une plaque tournante de la traduction et des communications multilingues, tels sont les rares projets que le milieu des affaires ose avancer. Dans tous les cas, il faut améliorer à l'extérieur l'image de Montréal.

Après les 41 réunions de pré-Sommet (secteurs et arrondissements) qui se sont tenues depuis le début de l'année, les principaux partenaires du nouveau Montréal en sont arrivés à un ensemble de suggestions qui ont été intégrées par la firme Secor. Les 5 et 6 juin, lors du Sommet des partenaires, ces derniers examineront les recommandations faites par les participants des 19 ateliers, qui seront alors validées, modifiées ou rejetées en vue d'une stratégie échelonnée sur cinq ans.

Six facteurs primordiaux du développement économique de la nouvelle Ville de Montréal ont été identifiés: la dynamisation du centre-ville; le renforcement du dynamisme culturel, des capacités d'innovation, de création et de savoir; le développement de l'économie locale et des infrastructures stratégiques de transport; le positionnement et le rayonnement international de Montréal; le renforcement des secteurs économiques par la concertation et les actions structurantes; le leadership de la Ville de Montréal.

Pierre Cléroux, président du comité de développement économique de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et associé chez Kom Ferry, travaille depuis le début de l'année aux rencontres préparatoires pour le développement économique. D'après lui, les thèmes de la mise en marché de Montréal, sa place dans les réseaux internationaux et la gouvernance de la ville étaient récurrents dans les tables de concertation, que ce soit au niveau sectoriel ou d'arrondissement. «Il faut développer une meilleure image de Montréal afin d'attirer les investisseurs et les cerveaux, afin de rehausser son prestige. Nous en sommes encore à analyser comment la ville est perçue à l'extérieur. Nous proposerons des moyens concrets lors du Sommet.»

Dans le cadre du positionnement de Montréal dans les réseaux internationaux, le processus est, là aussi, en cours de concrétisation. «Montréal fait partie des réseaux internationaux dans certains secteurs, de dire M. Cléroux, les hautes technologies par exemple, mais nous sommes marginaux dans les secteurs manufacturiers et financiers, ce qui nous empêche d'aller chercher des investissements. Les secteurs qui ne pas "hots" restent à définir plus rigoureusement. Il faut trouver ce qu'on peut faire pour que les secteurs plus faibles bénéficient de l'image favorable que nous avons ailleurs, comme au niveau touristique.»

Parmi les plans d'action qui seront à l'étude au Sommet, lors de l'atelier 1.5, il sera question de développer Montréal en tant que une plaque tournante internationale de la traduction et des communications multilingues, d'un centre d'excellence de formation à distance et d'une Cité étudiante internationale. On examinera aussi l'opportunité de consolider et d'améliorer les relations bilatérales et multilatérales de la Ville de Montréal, en misant par exemple sur le jumelage des arrondissements avec des villes étrangères, en privilégiant les liens avec des villes significatives pour les communautés ethnoculturelles. Certains projets s'inscrivant dans ce cadre ont déjà donné lieu à des ententes financières avec l'Agence canadienne de développement international (ACDI): on pense notamment au projet de géomatique avec Hanoï et au projet de coopération avec la province de Yunan.

Bien sûr, il sera aussi question d'accroître les retombées de l'activité touristique. Les pistes d'action proposées par Tourisme-Montréal et ses différents partenaires dans ce domaine sont le développement de la Cité des arts du cirque, la mise en valeur du patrimoine montréalais et l'amélioration des infrastructure dans le Village gai pour la venue des Jeux Gais en 2006. Tourisme-Québec favorise en outre le développement du canal Lachine et de l'axe Peel en tant qu'ouverture vers le centre-ville et, dans le cadre d'un renouvellement des équipements, le rayonnement du pôle Jardin botanique-Parc olympique-Biodôme en y concentrant les équipements d'interprétation des sciences naturelles, dont le Planétarium.


De la gouvernance

Le thème de la gouvernance, mis en relief dans les diverses rencontres de pré-Sommet, se retrouve également énoncé au Sommet dans le concept du «renforcement des secteurs économiques par la concertation et les actions structurantes, du leadership de la Ville de Montréal». «Nous en sommes encore, de dire M. Cléroux, à faire un état de la situation. Il faut analyser la situation, à savoir si les organismes actuels correspondent bien à la nouvelle réalité, celle d'une ville-région. Il n'y a pas encore de stratégie commune.» M. Cléroux remarque cependant qu'il est important que les arrondissements du nouveau Montréal cessent de compétionner entre eux et fassent front commun contre des compétiteurs comme Toronto ou Boston. Il est proposé de créer un fonds de soutien à la concertation sectorielle et un autre fonds de participation à des projets structurants. La Ville de Montréal engagerait dans ces fonds les sommes respectives de 1,7 M$ et 2,5 M$. On souhaite que les gouvernements canadien et québécois investissent des sommes équivalentes.

Benoît Labonté, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, a refusé de nous divulguer les projets économiques que l'organisme entend présenter ou appuyer, prétextant «qu'il fallait laisser le temps faire son oeuvre». M. Labonté nous a toutefois annoncé certains gestes que la Chambre de commerce a posé ou entend poser, «indépendamment du Sommet mais dans la mouvance de la nouvelle ville, qui change la nature des enjeux». Ainsi, la Chambre de commerce développera une série de sept indicateurs servant à évaluer la performance de la ville: mobilisation et leadership métropolitain; inclusion et égalité des chances; relève et éducation; potentiel créateur; qualité du développement; connectivité à l'international et compétitivité. «Sur cette base, affirme M. Labonté, nous assurerons le suivi des indicateurs et rendrons nos rapports publics annuellement.» Organisé par la Chambre, le symposium «Montréal 2017: une Cité du monde de 375 ans» s'inscrit aussi dans cette optique, tout comme l'implication de la CCMM dans les projets hospitaliers universitaires.