Arrondissement Ville-Marie - L'administration Tremblay refuse de participer à un forum sur le nouveau modèle de gouvernance

Après avoir accepté de participer à un forum citoyen, qui aura lieu ce soir afin de discuter du nouveau modèle de gouvernance de l'arrondissement de Ville-Marie, l'administration Tremblay a changé d'avis. Invoquant le caractère «tendancieux» de l'événement organisé par la Table de concertation des Faubourgs Saint-Laurent, l'administration a finalement décidé de ne pas déléguer de représentant pour expliquer les effets de la loi 22 sur la démocratie locale.

Le nouveau modèle de gouvernance de l'arrondissement de Ville-Marie, qui entrera en vigueur après les élections municipales de novembre 2009, causera-t-il préjudice aux citoyens du centre-ville? Le prochain maire de Montréal qui dirigera l'arrondissement siégera-t-il chaque mois au conseil d'arrondissement et aura-t-il le temps de s'occuper des problèmes de poubelles? Ce sont des réponses à ces questions que la coordonnatrice de la Table de concertation, Agnès Connat, souhaitait obtenir en organisant ce forum citoyen.

Adoptée par l'Assemblée nationale en juin dernier, la loi 22 est méconnue des résidents de l'arrondissement, mais elle aura un impact majeur sur la démocratie locale, rappelle Mme Connat. À partir de novembre 2009, le maire de Montréal deviendra automatiquement maire de l'arrondissement de Ville-Marie et siégera au conseil d'arrondissement avec deux conseillers désignés par lui et trois conseillers élus localement. En cas d'égalité, le maire aura un vote prépondérant.

Avec l'appui de la CDEC Centre-Sud-Plateau Mont-Royal, la Table de concertation avait lancé une invitation à l'administration afin qu'un représentant de la Ville puisse répondre aux questions des citoyens lors de cette séance d'information. Il était donc convenu que Robert Cassius de Linval, directeur principal des affaires corporatives de la Ville, figure parmi les panelistes invités, aux côtés de Laurence Bherer, professeure au département de science politique de l'Université de Montréal.

Hier, la Ville a fait savoir que M. Cassius de Linval serait absent. «Ce n'est pas une séance d'information, c'est une séance de dénonciation, a indiqué au Devoir Martin Tremblay, attaché de presse au cabinet du maire Tremblay. Ce n'est pas la même chose. Il est clair que M. Cassius de Linval aurait été disponible pour aller dans une séance d'information, mais du moment où c'est tendancieux, [il n'y sera pas.]» C'est la distribution d'une lettre signée par deux associations de citoyens, dont celle des résidents des Faubourgs, qui a incité l'administration à se désister. Cette lettre demande l'appui des citoyens pour dénoncer et faire amender «cette loi qui porte atteinte à la démocratie.»

Agnès Connat s'est étonnée de la volte-face de l'administration. «C'est leur interprétation. [...] Il s'agit d'un forum citoyen. On n'est pas pour empêcher les gens de s'exprimer, car ça s'appelle de la censure.» Pour s'assurer que le débat ne soit pas partisan, la Table de concertation a d'ailleurs pris soin de choisir un organisateur communautaire du Centre de santé et des services sociaux (CSSS) Jeanne-Mance pour animer la rencontre, précise-t-elle. Cette soirée d'information ne saurait être politique, ajoute-t-elle, puisque peu importe qui sera élu à la mairie de Montréal en 2009, les inquiétudes des citoyens seront les mêmes.