Parent reviendra quand régnera un peu d'ordre

Le président du conseil municipal de Montréal, Marcel Parent, reviendra à son poste s'il obtient l'assurance de Pierre Bourque et de Gérald Tremblay que leurs équipes respectives feront preuve de bonne conduite à l'avenir lors des assemblées du conseil. Au lendemain de son départ fracassant lors de l'assemblée de mardi, M. Parent suggère même que des modifications soient apportées à la réglementation afin d'éviter des débats interminables et stériles.

Embourbés dans des questions de procédure, les conseillers, qui avaient commencé à siéger lundi soir pour reprendre la séance mardi à 10h, ont poursuivi leurs échanges jusqu'à... 6h30 hier matin. «C'est un non-sens!, lance Marcel Parent. Je suis allé au conseil à 22h30 hier soir [mardi] et on en était au point 1 de l'ordre du jour alors que la réunion avait commencé lundi soir à 19h. Il faut se poser des questions. Je ne veux jeter de blâme à personne, mais il y a un manque de communication, de volonté et d'engagement envers la chose publique.»


Rappelons qu'en pleine séance du conseil municipal, mardi après-midi, M. Parent a quitté l'assemblée avec fracas, laissant croire à tous qu'il démissionnait. Une question préalable demandée par le conseiller Luis Miranda, à qui le président avait accordé la parole par erreur, avait empêché l'opposition de s'exprimer. «Je n'ai pas le choix d'appliquer le règlement, mais je sentais que je posais un geste antidémocratique et je n'ai pas aimé ça», a expliqué M. Parent hier.


«Je n'ai pas encore rendu les armes», a-t-il indiqué lors d'un point de presse hier. Il pose toutefois une condition à son retour au poste de président du conseil: que les deux chefs fassent preuve d'une volonté réelle d'améliorer le déroulement des assemblées et qu'ils disciplinent leurs troupes.


De plus, il faudra que les deux leaders s'entendent sur des règles de procédure simples, notamment l'horaire des séances, comme cela se fait à l'Assemblée nationale. M. Parent suggère aussi qu'on détermine au préalable le déroulement des débats et le nombre d'interventions.


«Il ne s'agit pas de brimer la spontanéité et l'autonomie de l'opposition ou du pouvoir mais de tâcher de fonctionner et d'exercer la démocratie dans des règles qui peuvent nous aider à fonctionner, car la population ne croit pas à ces débats futiles.»


Le maire Gérald Tremblay a promis sa collaboration à M. Parent lors d'une rencontre mardi soir.


«Il y a peut-être certains problèmes de discipline, mais c'est de part et d'autre», a-t-il dit. Interrogé au sujet du recours fréquent aux questions préalables par les membres de son équipe, M. Tremblay a justifié cette stratégie par l'attitude de l'opposition qui, selon lui, prolonge indûment les discussions. De son côté, le chef de l'opposition, Pierre Bourque, qui avait refusé de rencontrer M. Parent sans la présence de la leader de l'opposition, se dit tout de même disposé à discuter de la question avec le président, «mais la solution ne viendra pas de moi», a-t-il précisé. S'il reconnaît que des améliorations doivent être apportées au déroulement des séances, il accuse Marvin Rotrand, de l'équipe Tremblay, d'intervenir sans cesse, même à l'encontre de la leader de la majorité.