Le maire veut un pilote pour Montréal, métropole culturelle

Le Quartier des spectacles de Montréal est en développement avec 140 millions d’argent public. Des ouvriers aménagent en ce moment la Place des festivals.
Photo: Jacques Nadeau Le Quartier des spectacles de Montréal est en développement avec 140 millions d’argent public. Des ouvriers aménagent en ce moment la Place des festivals.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, souhaite la création d'une nouvelle «ministructure» pour piloter la mise en place du Plan d'action 2007-17, Montréal, métropole culturelle. À la limite, le maire voudrait qu'une seule et même personne coordonne toutes les interventions des nombreux agents concernés par la redéfinition de la ville comme «haut lieu de création et de diffusion culturelle».

Gérald Tremblay a fait cette proposition hier midi devant les participants d'un colloque sur la gouvernance culturelle organisé par le Centre des entretiens Jacques Cartier et le groupe Culture Montréal. Son homologue de Barcelone, Jordi Marti, et Georges Kepenekian, responsable de la culture de Lyon, participaient également au dîner-conférence.

«Il faut coordonner le plan d'action, et tous les partenaires sont d'accord, a répété le maire Tremblay aux journalistes, après coup. Ça n'a rien à faire avec le municipal, le provincial ou le fédéral. Ça prend une personne crédible, qui a à coeur le développement de Montréal, pour assurer le suivi de la mise en action du plan. Il faut que tous les jours on ait une seule personne qui nous dise comment bouger.»

Simon Brault, président de l'organisme Culture Montréal (il se représentera pour un nouveau mandat à la fin du mois), refuse de se voir comme le sauveur attendu tout en appuyant la proposition du maire Tremblay. «Le problème, c'est que tout le monde est au même niveau. Le fédéral a ses prérogatives, le Québec aussi, et la Ville a sa machine. La Chambre de commerce et Culture Montréal sont invités à participer à des discussions. Mais il n'y a personne au-dessus des enjeux pour réaliser le plan. Il n'y a personne d'imputable non plus.»

M. Brault a donné l'exemple du Quartier des spectacles en développement avec 140 millions d'argent public. Des ouvriers aménagent en ce moment la Place des festivals. «On cherche qui du fédéral, du Québec ou du municipal fait quoi. On ne le sait même pas. Parfois des gens d'affaires nous approchent pour dire qu'ils voudraient faire quelque chose. Ils cherchent à qui parler et se perdent.»

Gérald Tremblay ne peut pas dire qui paiera sa ministructure de coordination. Il la veut vite cependant. «Le maire est le premier des trois partenaires politiques qui disent ouvertement ce que la Chambre de commerce et Culture Montréal répètent depuis longtemps, à savoir que cette ministructure est une priorité pour réussir le plan, commente encore Simon Brault. On manque de gouvernance efficace. Dans n'importe quel dossier, chacun des ordres de gouvernement peut asseoir 280 fonctionnaires. Il y a un excès de démocratie et un déficit de leadership et d'imputabilité. Personne n'est ultimement responsable du plan, et chacun se renvoie la balle. On avance, mais on n'avance pas au rythme des autres villes et au rythme où on devrait avancer.»

Le plan d'action 2007-17 a été adopté dans la foulée des travaux du Rendez-vous de novembre 2007 sur le thème Montréal, métropole culturelle auxquels ont participé 1300 personnes et quelque 80 organismes. Le carnet de bord des interventions d'une décennie recense cinq priorités, dont investir dans les arts et la culture, favoriser le rayonnement de Montréal et lui fournir des moyens dignes d'une métropole.