Montréal - L'opposition songe à se coaliser pour battre Gérald Tremblay

Les partis d'opposition à l'hôtel de ville mijotent la création d'une coalition pour affronter le parti de Gérald Tremblay aux élections municipales de novembre 2009. Après avoir rejeté l'idée d'une alliance avec Vision Montréal (VM), en avril dernier, le chef de Projet Montréal (PM), Richard Bergeron, se dit maintenant disposé à en discuter avec son adversaire, Benoit Labonté.

Une alliance entre les deux partis d'opposition modifierait de façon radicale le portrait politique en vue du scrutin de l'an prochain. À l'heure actuelle, Union Montréal (UM), le parti du maire Gérald Tremblay, compte 86 élus, VM, 16, et PM, un seul.

Richard Bergeron soutient que l'élection partielle du 21 septembre dernier dans le district d'Ahuntsic l'a fait réfléchir. Lors de ce scrutin, la candidate de VM, Hasmig Belleli, l'a emporté avec 36,4 % des voix alors que la candidate de PM a récolté 27 % des suffrages. En compilant les résultats des élections partielles des deux dernières années dans Outremont et Marie-Victorin, Richard Bergeron en vient à la conclusion qu'une coalition avec VM pourrait être profitable, comme le rapportait hier The Gazette. «Dans les quartiers centraux, nos performances électorales respectives, c'est 25 % pour Vision Montréal et 32 % pour Projet Montréal. On prend ça en considération», explique-t-il en prenant soin d'exclure la victoire écrasante de Michel Bissonnet, d'UM, à la mairie de Saint-Léonard.

Au-delà des calculs mathématiques, Richard Bergeron croit que les partis devront d'abord trouver un terrain d'entente sur les principaux enjeux. Parmi les sujets qui lui tiennent à coeur figurent l'implantation d'un réseau de tramway et l'adoption d'une nouvelle forme de gouvernance, qui entraînerait la disparition éventuelle du comité exécutif au profit d'instances s'apparentant aux commissions publiques.

Pour l'instant, les discussions demeurent informelles entre les deux hommes. Plusieurs dossiers séparent les deux chefs, qu'il s'agisse du réaménagement de la rue Notre-Dame, du projet Griffintown ou du processus entourant le projet de gare-hôtel Viger, pour ne nommer que ceux-là.

Comment s'articulerait cette alliance? Richard Bergeron demeure vague, mais il n'écarte pas la possibilité, par exemple, que les partis présentent une plate-forme commune et se partagent les districts pour ne pas se nuire l'un l'autre. «Il y a un très grand éventail de possibilités. La fusion proprement dite, ça, c'est impensable, parce qu'on n'a pas fondé Projet Montréal pour rien. Le parti a beaucoup donné aux Montréalais depuis trois ans par l'évolution qu'il a forcée chez deux autres formations politiques», dit-il. Quant à la mairie, «c'est un sujet qui est ouvert», dit Richard Bergeron, qui avoue que certains aspects du travail de maire, comme les fonctions protocolaires, ne l'enchantent guère.

Cette position constitue un changement de cap pour Richard Bergeron qui, en avril dernier, rejetait toute forme d'alliance avec VM. Benoit Labonté reconnaît qu'une entente entre les deux partis changerait de façon radicale la dynamique politique à l'approche du scrutin de 2009. «C'est un mouvement de plaques tectoniques», lance-t-il.

Benoit Labonté est d'accord avec son adversaire pour dire qu'avant de penser à une coalition, il faudra s'entendre sur les enjeux à prioriser. À ce chapitre, il se dit ouvert à considérer une nouvelle forme de gouvernance dans la mesure où le modèle choisi ne ralentisse pas le processus décisionnel. Il est également favorable à l'implantation d'un réseau de tramways. En ce qui concerne les dossiers litigieux, comme la rue Notre-Dame, M. Labonté soutient que rien n'empêche la diversité des points de vue. «Mais moi, j'aime mieux regarder ce qui nous rapproche et ce sur quoi on peut faire rapidement cause commune. Je pense qu'il y a beaucoup plus de sujets qui nous rapprochent que de sujets qui nous éloignent», conclut-il.