Tremblay perd Zampino

Frank Zampino durant l’hommage que lui a rendu le maire Gérald Tremblay (à l’arrière-plan).
Photo: Jacques Nadeau Frank Zampino durant l’hommage que lui a rendu le maire Gérald Tremblay (à l’arrière-plan).

Le départ de Frank Zampino de la vie politique montréalaise déclenchera un remue-ménage dans l'administration montréalaise. Mais la succession devra attendre encore un peu.

L'homme de tous les dossiers, de toutes les décisions et de toutes les influences à Montréal quitte ses fonctions et se tourne vers le secteur privé. Frank Zampino a annoncé hier qu'il quittera son siège de président du comité exécutif, celui de maire de l'arrondissement de Saint-Léonard et celui de conseiller municipal le 2 juillet.

C'est dans la plus grande discrétion que M. Zampino a préparé sa sortie après 22 ans de vie politique. Ce n'est que vendredi après-midi qu'il a fait part de sa décision à Gérald Tremblay, maire de Montréal. Lundi, Frank Zampino a informé ses collègues de Saint-Léonard. Et hier matin, une rencontre informelle du comité exécutif a été convoquée d'urgence afin d'annoncer le départ de M. Zampino.

«Cette décision est mûrement réfléchie et ne se veut pas le prélude à un nouvel engagement politique; j'ai plutôt l'intention de consacrer les mois qui viennent à m'offrir un certain recul et à considérer les "opportunités" qui pourront éventuellement s'offrir dans le secteur privé. [...] Ces nouveaux défis, je ne les connais pas encore», a déclaré Frank Zampino, qui s'attend à recevoir des coups de téléphone rapidement.

Chose certaine, il a rejeté l'idée qu'il puisse être las du pouvoir. Ce comptable agréé de formation a dit avoir travaillé avec passion. Il a souligné la rigueur qui a marqué ses réalisations aux côtés de Gérald Tremblay, notamment en ce qui a trait au redressement des finances de la Ville. «Mon véritable bulletin de notes [...] m'a été attribué par l'agence de notation Moody's, de New York, qui a reconnu nos efforts en révisant notre cote de crédit à la hausse, deux fois de suite, et qui nous accorde maintenant la cote Aa2, la plus haute cote de crédit de toute l'histoire de la Ville de Montréal», a indiqué M. Zampino.

Le ton de M. Zampino, froid et cérébral, contrastait avec celui adopté quelques heures plus tard par le maire Gérald Tremblay. Visiblement ébranlé par le départ-surprise de son bras droit, M. Tremblay a ravalé ses larmes en saluant la contribution de M. Zampino.

«D'habitude, je vois venir les choses, mais celle-là, je ne l'ai pas vue venir», a admis le maire Tremblay, qui a dit regretter la démission de son ami. Il a témoigné de la compétence de M. Zampino, de la justesse de son jugement et de son rôle prépondérant pour relever les défis de la métropole.

Gérald Tremblay a toutefois refusé d'aborder la délicate question de la succession de M. Zampino à la présidence du comité exécutif. «C'est prématuré», s'est-il borné à indiquer.

Les cinq prochaines semaines seront autant d'occasions pour les actuels membres du comité exécutif de se faire valoir auprès du maire Tremblay et espérer ainsi prendre du galon. Le maire, qui a tout pouvoir sur la formation de son comité exécutif, pourrait également profiter de l'occasion pour procéder à un remaniement de son équipe, à un an et demi des prochaines élections. Il pourrait donc donner des responsabilités à un conseiller municipal, démettre de ses fonctions certains déjà en poste ou faire des changements latéraux. Le comité exécutif doit compter un minimum de sept membres et un maximum de 11. À l'heure actuelle, le siège qu'occupait jusqu'à l'année dernière Benoit Labonté est libre.

Par ailleurs, le départ de M. Zampino provoquera des élections partielles puisqu'il faudra combler le poste de maire de Saint-Léonard. Il y a donc, là aussi, un peu de turbulence à prévoir rapidement, puisque le maire Tremblay pourrait être tenté d'y déclencher des élections partielles en même temps que celles prévues le 21 septembre dans Ahuntsic, à la suite du décès du conseiller Pierre Lapointe.

Ce remue-ménage inquiète quelque peu les partis d'opposition à l'hôtel de ville. «Lorsqu'un administrateur comme M. Zampino quitte le siège principal de la Ville après celui du maire, c'est sûr qu'on ne peut pas qualifier cela de renforcement de l'administration actuelle. C'est un affaiblissement, c'est très clair», a affirmé Benoit Labonté, chef désigné de Vision Montréal et maire de l'arrondissement de Ville-Marie, après avoir souligné la contribution de M. Zampino.

De son côté, Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, a estimé qu'il s'agissait d'un départ précipité et que les raisons évoquées étaient «nébuleuses».
2 commentaires
  • william morris - Inscrit 21 mai 2008 09 h 36

    Un triste départ...

    Bonjour,
    C'est presque toujours à M. frank Zampino que je j'adressais mes questions, au début de la réunion du conseil de Ville de Montréal. Il acceptait aussi des questions écrites et il y répondait rapidement et ses réponses étaient toujours utiles et non politiques.

    M. Zampino sera regretté et son départ est une perte pour les citoyennes et citoyens de Montréal.

    Qu'en pensez-vous ?

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com

  • David Hanna - Inscrit 21 mai 2008 14 h 45

    petermcqueen@videotron.ca

    Guess that the behind the scenes story is far more interesting.