L'humain au centre de la ville

«La ville de l'avenir au Québec, définit Denis Lapointe, maire de Salaberry-de-Valleyfield, est une municipalité qui a placé l'humain en tête des priorités.»

Ce qui, traduit du point de vue d'une administration municipale, signifie d'examiner chaque décision selon des critères de qualité de vie et de services aux citoyens. «Nous demander, élabore le maire Lapointe, si l'investissement que nous nous apprêtons à faire dans une activité donnée améliorera le sort de nos résidents. Sinon, comment pouvons-nous modifier cette décision que nous sommes sur le point d'adopter afin qu'elle profite davantage aux citoyens? Se poser chaque fois de telles questions ne pourra que rendre meilleur le fonctionnement des villes.»

Dans le même ordre d'idée, il cite en exemple les Actes de la charte européenne des droits de l'homme dans la ville, un concept développé en Europe qui, dit-il, commence à frayer son chemin chez-nous. «Il s'agit de principes d'une grande simplicité, commente Denis Lapointe. Le retour aux humains. D'ailleurs les villes ont commencé ainsi. Des humains qui se sont mis à travailler ensemble, solidairement.»

Sociodémographie et vieillissement

Parlant démographie, le maire Denis Lapointe a présidé, lors des dernières assises de l'Union des municipalités du Québec, un atelier qui a porté sur l'adaptation des villes à la nouvelle sociodémographie.

«C'est davantage dans les régions que les problèmes démographiques se font sentir, enchaîne M. Lapointe. Des villes comme la nôtre ou comme Saint-Hyacinthe, mais davantage celles qui sont plus loin comme Sept-Îles, Baie-Comeau, et les villes des régions du Saguenay ou de la Gaspésie, voient une partie importante de leur population, les jeunes, émigrer vers les grands centres, là où sont les universités, des services accrus, et où les emplois de type professionnel sont plus faciles à trouver. Migration qui entraîne forcément une baisse des revenus et même un exode des cerveaux. Une fois à la retraite, ces gens ont envie d'un retour aux sources et reviennent chez eux, avec pour résultat une population qui vieillit, dans ces villes, plus vite que dans l'ensemble de la province.»

Le défi pour les municipalités régionales: élever les conditions et la qualité de la vie chez eux, et améliorer les services afin de garder des jeunes sur leur territoire. Leur fournir l'occasion de mener une carrière aussi intéressante que celle des habitants des milieux fortement urbanisés comme Montréal, Sherbrooke ou Québec.

Comment? «Pour les municipalités régionales, identifie Denis Lapointe, garder du monde chez nous passe par la décentralisation des services gouvernementaux. »


Si les entreprises traînent dans leur sillage des emplois et une activité économique accrue, il est évident, souligne Denis Lapointe, qu'il demeure plus difficile de les attirer en région que dans un grand centre.

Bénévolat


Toujours dans la veine des problématiques entourant l'aspect humain, démographique, et les individus, Denis Lapointe parle également du bénévolat et des activités communautaires qu'il qualifie de «coeur de la ville».


«À ce chapitre, c'est la banlieue qui éprouve des difficultés, mentionne-t-il, l'engagement envers la vie communautaire n'y est pas. Une absence plus apparente si l'on compare à l'époque où des villes de banlieue, riches, palliaient par des services municipaux le manque de bénévoles.»


Peut-on considérer les villes en région, avec leur taux élevé de retraitées mieux nanties sous ce rapport? «Dans une ville comme la nôtre, répond Denis Lapointe, le milieu communautaire est très riche. Avec peu de moyens, les organisations réussissent à créer des projets et à insuffler de la vitalité aux quartiers démunis. Toutefois, les exigences à l'endroit des bénévoles s'élèvent. Dans le milieu sportif, par exemple, n'est plus instructeur qui veut. En consultant nos bénévoles, nous avons identifié certaines actions que peuvent prendre les municipalités pour les soutenir. Les soulager de la partie administrative de leur tâche afin qu'ils puissent se consacrer à la raison d'être de leur bénévolat est parmi celles-là.»