Au lendemain des fusions au Québec - L'heure est aux changements à l'Union des municipalités

Réduction du nombre de municipalités, création de mégamétropolesÉ Les récentes fusions ont considérablement changé le visage du monde municipal québécois. Reflet de ses membres, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) a elle aussi subi les contrecoups de ces bouleversements. Les changements survenus sont tels que l'Union a choisi de s'accorder un temps d'arrêt pour remettre les pendules à l'heure. Un passage à vide nécessaire, selon la nouvelle présidente de l'UMQ et mairesse de Drummondville, Francine Ruest-Jutras.

Sollicité sur tous les fronts, l'organisme s'est battu bec et ongles pour que les fusions orchestrées par le gouvernement soient effectuées dans le respect des élus en poste et des citoyens. Orchestrées sur fond de manifestations populaires, les luttes menées resteront certainement dans les annales de la politique québécoise. Si vigoureuse soit-elle, l'opposition n'a cependant pas suffi à renverser la volonté gouvernementale.


Principal organisme de représentation du secteur, avec 80 % de toutes les municipalités de la province sous son égide, l'Union des municipalités a vu du même coup le visage de son membership considérablement changer. «Nous nous retrouvons, explique Francine Ruest-Jutras, avec d'un côté des municipalités très imposantes, dont une de 1,8 million d'habitants à Montréal, et de l'autre, de petites municipalités qui ont 500 ou 600 de population. Le défi est de faire en sorte que cette grande diversité devienne une force et que notre organisation reflète cette nouvelle réalité.»


Réflexion et réorganisation en vue


L'arrivée de la première femme à la tête de l'Union coïncide donc avec une profonde remise en question déjà mise en scène lors du congrès d'avril dernier où l'organisme s'est notamment penché sur une possible collaboration avec l'autre association du secteur, la Fédération québécoise des municipalités. Une démarche à peine imaginable il y a quelques mois à peine. «Tout est sur la table. Nous voulons établir quelle doit être l'union de demain, sa mission, le type de municipalités que nous souhaitons avoir dans l'avenir, les structures décisionnelles et consultatives pour répondre à la nouvelle réalité», souligne Francine Ruest-Jutras.


L'Union entend consulter l'ensemble de ses membres. «Nous voulons réfléchir sur les nouveaux pouvoirs des municipalités, savoir ce qu'elles veulent faire, si elles souhaitent ou non plus de responsabilités, avec bien sûr les sources de revenus qui viennent avec. Certaines préoccupations importantes se dessinent dans les municipalités, des préoccupations de développement économique, de développement durable, de répartition de la richesse, d'exode de leurs populations jeunes. Nous devons en tenir compte et voir comment nous pouvons appuyer ce mouvement.»


Malmenées au cours des dernières années, les relations entre les municipalités et le gouvernement méritent aussi, selon Francine Ruest-Jutras, d'être revues. Selon la présidente, tout le monde aurait avantage à miser sur des relations d'élus à élus empreintes de respect mutuel, plutôt que sur le rapport de force qui a mené aux fusions municipales.


Optimiste, celle qui dirige la destinée de Drummondville depuis 15 ans est convaincue que, dès cet automne, la table sera mise pour un nouveau départ dans le secteur associatif municipal. «Tout le monde souhaite que l'Union devienne un interlocuteur encore plus puissant. Ensemble, nous allons redessiner l'avenir du monde municipal avec en plein coeur le bien-être du citoyen. En donnant une voix à la nouvelle diversité qui compose le monde municipal, nous ne pouvons pas faire fausse route.»