Changements de zonage - Une loi permettra bientôt de délier les mains de Montréal

Le Parti libéral du Québec a donné son appui au gouvernement hier pour que soient rapidement adoptées les mesures transitoires qui permettront les changements de zonage à la Ville de Montréal. Mais cela ne s'est pas fait de gaieté de coeur.

«[Le ministre des Affaires municipales et de la Métropole] peut compter sur notre collaboration pour faire en sorte que le projet de loi soit adopté assez rapidement», a indiqué le député libéral François Ouimet. «Mais je lui dis qu'il a été négligent dans l'exécution de ses fonctions, qu'il aurait dû déposer le projet de loi il y a belle lurette, parce qu'il est en train de placer l'Assemblée nationale, les citoyens et la Ville de Montréal le dos au mur, avec très peu de marge de manoeuvre.»


M. Ouimet ne comprend tout simplement pas pourquoi le ministre André Boisclair a attendu au mois de mai pour s'attaquer à un problème qui remonte au début de l'année, c'est-à-dire l'absence d'instance de consultation publique à Montréal. Pendant ce temps, les demandes de changement au plan d'urbanisme s'entassent sur un bureau à la Ville.


«Nous avons commencé à siéger, si ma mémoire est fidèle, le deuxième mardi du mois de mars», a fait remarquer le député lors de l'étude du projet de loi. «On aurait donc gagné beaucoup de temps [si le ministre avait agi plus tôt]. Pourquoi le gouvernement ne s'est-il pas exécuté? Pourquoi a-t-il jugé bon d'attendre à la dernière minute pour faire adopter un projet de loi?»


Les questions du critique sont restées sans réponse, tout comme celles ayant trait à la rétroactivité du projet de loi. M. Ouimet a en effet interrogé M. Boisclair sur le fait que le projet de loi no 94 est rétroactif au 8 avril. Qu'y a-t-il de si important le 8 avril?, a-t-il demandé. Il a été impossible de le savoir.


Pour toute réponse, le ministre a accepté les critiques du PLQ. «J'entends les commentaires de l'opposition, je suis prêt à accepter des critiques, a dit le ministre Boisclair. Nous ne sommes pas parfaits dans tout ce que nous faisons, et le débat parlementaire fait parfois apparaître des oublis, qui se font de bonne foi.»