Conseil d'arrondissement de Ville-Marie - Le village gai pourrait être réservé aux piétons durant tout l'été

L'arrondissement de Ville-Marie envisage de fermer un tronçon de la rue Sainte-Catherine à la circulation automobile pour la période estivale. Des discussions sont en cours avec la Société de développement commercial (SDC) du Village afin de rendre cette artère piétonne dès cet été, entre les rues Berri et Papineau.

Les commerçants du village gai risquent d'avoir plus de succès auprès de leurs élus que les citoyens du Plateau Mont-Royal, qui tentent en vain, depuis 2002, de convaincre leur arrondissement de transformer l'avenue du Mont-Royal en rue piétonne.

L'été dernier, les voitures avaient été interdites dans la rue Sainte-Catherine, dans le quartier gai, pendant six fins de semaine d'affilée. L'année précédente, la rue avait été fermée pendant dix jours à l'occasion de la tenue des Outgames. Jugeant ces deux expériences réussies, la SDC du Village a entrepris des pourparlers avec l'arrondissement pour fermer la rue tout l'été, soit du 20 juin au 3 septembre.

À l'occasion du conseil d'arrondissement de Ville-Marie, mardi soir, le maire Benoit Labonté a confirmé que le projet était à l'étude mais qu'aucune décision n'avait été prise à ce sujet. Préoccupé, le porte-parole de l'Association des résidents des Faubourgs, François Robillard, a toutefois obtenu l'assurance du maire Labonté que les citoyens seraient consultés avant l'adoption d'un tel projet. Jean-Yves Duthel, directeur des affaires publiques, affirme toutefois que l'arrondissement est favorable à l'idée de rendre cette artère piétonne pour la belle saison, d'autant plus, dit-il, que la fermeture de la rue l'an dernier n'avait suscité aucune plainte de la part de citoyens.

La piétonnisation de la rue Sainte-Catherine pendant 70 jours nécessitera de nombreux ajustements techniques, reconnaît le directeur général de la SDC du Village, Bernard Plante. Les voitures pourront continuer de circuler dans les rues transversales, précise-t-il, mais plutôt que de recourir à des barrières amovibles — utilisées couramment lors de braderies —, on envisage d'installer des bornes de protection fixées au sol à toutes les intersections afin d'empêcher le passage des voitures tout en permettant aux véhicules d'urgence de circuler. Les intersections les plus passantes seraient alors dotées de feux rouges clignotants, ajoute-t-il.

Si l'arrondissement assume les coûts de ces bornes de protection, la SDC n'aura pas à payer les services de gardiens de sécurité à toutes les intersections comme elle avait dû le faire l'an dernier. Cette mesure avait accaparé une part importante de son budget.

M. Plante ne croit pas que les terrasses se multiplieront dans la rue piétonne compte tenu des coûts élevés liés aux aménagements de terrasses permanentes et aux permis d'occupation nécessaires. Il soutient par ailleurs que la fermeture de la rue aura des effets négligeables sur la circulation dans le quartier. «Des études de circulation ont démontré que les automobilistes empruntaient surtout le boulevard René-Lévesque pour accéder au pont Jacques-Cartier, et non les rues Ontario ou Sainte-Catherine. La fermeture de la rue Sainte-Catherine ne changera pas grand-chose», dit-il.

Le projet devrait faire l'objet de consultations publiques en mars et, s'il est bien accueilli par la population, il pourrait être soumis à l'approbation du conseil d'arrondissement au mois d'avril.